Poste de SG de l’OIF: Résumé des visions partagées par 4 politiques francophones en lice

Afriquinfos Editeur
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La 47ᵉ session extraordinaire de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) (DR)

Paris (© 2026 Afriquinfos)- Une nouvelle page de l’histoire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’est écrite ce mardi 30 juin, à Paris. Les quatre candidats en lice pour le poste de Secrétaire général de la Francophonie pour le mandat 2027–2030, ont participé à une audition inédite devant la 47ᵉ session extraordinaire de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF).

Les personnalités candidates sont : Madame Coumba Bâ (Mauritanie) ; Monsieur Dacian Cioloș (Roumanie) ; Madame Juliana Amato Lumumba (République démocratique du Congo) ; Madame Louise Mushikiwabo (Rwanda).

À tour de rôle, ils ont présenté leur vision, leurs priorités et leurs orientations stratégiques pour l’avenir de la Francophonie. Ils ont ensuite répondu aux questions des chefs de délégation, offrant ainsi un cadre d’échanges approfondis sur les défis, les enjeux et les perspectives de l’espace francophone.

Juliana Amato Lumumba

Après une brève narration de sa vie en tant que fille de dirigeant, Madame Juliana Amato Lumumba (République démocratique du Congo) a décliné ses ambitions pour l’OIF. Elle a affirmé œuvrer pour une francophonie tournée vers les peuples. ‘’C’est une francophonie dont l’impact se voit dans la vie quotidienne, à l’école, dans l’emploi, dans la mobilité, dans l’accès au numérique, dans la culture, dans la paix et dans la participation citoyenne. Elle ne se limite pas au sommet et aux déclarations. Elle produit des services, des opportunités et des résultats’’, a-t-elle déclaré soulignant que la francophonie doit ‘’devenir un acteur stratégique à l’échelle mondiale, en renforçant sa coopération et en mobilisant ses ressources pour atteindre ses objectifs. Cela nécessite une coordination accrue et un engagement envers les droits humains et la paix’’.

Mme Lumunba promet de faire de l’inclusion de l’intelligence artificielle dans divers secteurs, dont l’éducation et l’économie. ‘’Il est crucial de s’y adapter pour ne pas être dépassé. La francophonie doit évoluer pour créer des outils et des contenus adaptés aux nouvelles réalités numériques. Il est crucial d’intégrer l’intelligence artificielle dans l’éducation pour préparer les jeunes à un avenir numérique. Cela inclut la protection des données et la valorisation des langues francophones’’, s’est-elle justifié.

Selon Juliana Amato Lumumba, la francophonie doit être un espace de collaboration et de cohérence pour améliorer la vie des peuples francophones. ‘’Cela nécessite un leadership solide et un engagement financier des États membres. Les contenus culturels et créatifs francophones, tels que le streaming et les films, génèrent des revenus considérables. Il est essentiel de favoriser la collaboration pour soutenir ces industries et maximiser leur potentiel’’.

Par ailleurs, martèle-t-elle, ‘’le français est une langue essentielle pour la jeunesse francophone, favorisant la connexion et l’accès à des connaissances. Cette langue joue un rôle clé dans le développement culturel et numérique des jeunes. Il est essentiel de structurer les industries culturelles pour attirer les investissements des banques privées et multilatérales. Cela nécessite une meilleure visibilité et compréhension des projets culturels par les partenaires financiers’’.

La coordination entre les États membres est essentielle pour la programmation quadriennale 2027-2030. Cela garantit que les programmes sont impactant et répondent aux besoins de la francophonie. Au cas où elle serait élue, la candidate de la RDC compte ainsi faire de la coopération multilatérale sa priorité, pour soutenir les pays vulnérables.

Louise Mushikiwabo (Rwanda)

Dès l’entame de son speech, la rwandaise a fait un bref bilan  de ses deux mandats déjà passés à la tête de la Francophonie.  

Des sommets de Gerba et de Vill Cré, les CMF de Monaco, de Yaoundé et de Kigali ont été étape après étape l’occasion de vous présenter les avancées depuis les réformes de 2019 et vous avez validé et guidé mon action au cours de ces dernières années. Mme Louise Mushikiwabo a affirmer vouloir poursuivre ce qu’elle entamé depuis 2019 à la tête de la Francophonie. ‘’Je suis très intéressée à continuer de vous servir. J’aime ce que je fais et c’est un bon moment pour notre organisation. De quel cap est-ce que je parle ? Faire de la francophonie un espace plus influent, plus solidaire, mieux gouverné et aligné sur les défis de son époque. Tout cela au profit du bien-être de ces populations. Et c’est dans cet esprit que j’ai œuvré à apporter l’OIFF au niveau des meilleurs standards internationaux. Nous sommes parvenus à une gestion rigoureuse et transparente des ressources budgétaires humaines et matérielles de l’organisation. La certification des comptes de l’IF chaque année depuis 2019 en atteste. J’ai recentré euh notre offre de coopération autour de 20 projets contre 49 à mon arrivée. Je n’ai pas recentré pour le plaisir de recentrer mais c’était pour plus d’impact et pour des résultats plus concret’’, a-t-elle expliqué.

’Aux 10 représentations existantes à travers l’espace francophone, j’en ai ajouté trois pour répondre à la demande de francophonie dans des régions très importantes de notre espace. Beyouth pour le Moyen-Orient, Tunis pour l’Afrique du Nord qui étaient déjà toutes deux décidées avant mon arrivée et Québec que j’ai initié personnellement avec les autorités québécoises pour la région des Amériques’’, a-t-elle avancé.

Faire face à des défis complexes et interconnectés qui menacent la paix et le développement, notamment les pandémies et les difficultés climatiques font parties des priorités de Louise Mushikiwabo.

La francophonie offre des opportunités économiques significatives, avec près de 2000 entreprises engagées dans des missions commerciales depuis 2022. Ces efforts visent à renforcer les passerelles

Dacian Cioloș (Roumanie)

Tout en décryptant ses médiations effectuées lors de certaines crises,  Dacian Ciolora indiqué vouloir s’inspirer de ceux qui ont été les fondateurs de la francophonie qui ne viennent pas d’Europe, qui vient d’Afrique, de l’Asie.

’Ce n’est pas une organisation de l’héritage de l’histoire du colonialisme, mais c’est une organisation voulue souhaitée par des responsables politiques visionnaires qui viennent d’Afrique, qui vient de d’Asie et comme euh Léopold Senghor disait, la francophonie c’est un humanisme intégral qui prend les énergies de tous les continents et ça c’est un élément important pour moi. L’Afrique est au centre de la francophonie. C’est une évidence, c’est une réalité et je pense que personne qui euh voudrait assumer cette responsabilité ne pourrait s’en passer de cette réalité. Non seulement parce qu’il y a le nombre les plus importants des États membres en Afrique, il y a le nombre les plus importants de locuteur, il y a le potentiel de croissance de nombre de locuteurs les plus importants, c’est le continent le plus jeune et je reviendrai sur la jeunesse et c’est aussi un continent avec un très fort potentiel de croissance économique’’, a argué l’ancien Premier Ministre.

’Donc c’est normal que l’Afrique soit au centre au cœur et ça va être le cas aussi pour moi si je vais être élu secrétaire général. Mais je pense que c’est dans l’intérêt non seulement de l’Afrique mais de notre organisation de mieux mettre en évidence à l’avenir la dimension multiculturelle, la diversité qu’on a dans la francophonie, le fait que la francophonie couvre tous les continents même si le nombre de des d’états membres est différent d’un continent à l’autre’’a-t-il conclu.

Coumba Bâ (Mauritanie)

La Mauritanienne Coumba Bâ promet pour sa part ‘’une Francophonie politique et multilatérale’’’Face à un monde fragmenté et aux zones de tension, l’organisation doit assumer sa vocation multilatérale, prévenir les conflits et agir en tant que puissance fédératrice, tout en restant fidèle aux valeurs de la Charte de la Francophonie’’, selon elle.

 Elle propose un ‘’programme-cadre de reconquête linguistique’’ pour renforcer l’usage du français, notamment face aux enjeux de l’intelligence artificielle, du codage et de la production de contenus scientifiques en français et insiste sur l’importance de faire de la jeunesse un moteur économique et de soutenir l’autonomisation des femmes et des filles, en les plaçant au cœur des politiques de transformation.

Coumba Bâ souhaite également mobiliser le potentiel économique de l’espace francophone (16,5% du PIB mondial) pour créer une prospérité inclusive, encourager l’investissement et structurer les industries culturelles et créatives, et s’engage à mettre en place un « pacte de performance » fondé sur la transparence, la rigueur budgétaire et une gestion axée sur l’impact concret pour les populations, en évitant le cloisonnement entre les opérateurs de la Francophonie.

Vignikpo Akpéné