Position officielle de la Justice marocaine autour de la nouvelle affaire d’Ali Lmrabet

Dans un communiqué diffusé dans la soirée du 12 juillet, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'est dite "inquiète" de son arrestation.

Afriquinfos Editeur
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Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, le 29 juin 2025 à Genève.
Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, le 29 juin 2025 à Genève.

Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, arrêté dans la soirée du 12 juillet à son arrivée au Maroc, a été placé en garde à vue pour des publications en ligne jugées diffamatoires, a affirmé ce 14 juillet 2026 le parquet marocain dans sa première communication sur l’affaire.

Figure de la presse indépendante marocaine, Ali Lmrabet, connu pour ses positions critiques à l’égard des Autorités, a été interpellé à son arrivée à l’aéroport de Tanger, dans le nord du Maroc. Son épouse, Laura Feliu, avait indiqué à l’AFP qu’il avait été arrêté « pour diffusion de fausses informations et atteinte aux institutions » et qu’il faisait l’objet de « plusieurs avis de recherche » pour ces faits.

Installé à Barcelone, où il travaille, le journaliste de 66 ans ne s’était plus rendu au Maroc depuis « quelques années », après la mort de son père qui y résidait, avait-elle précisé. « Il m’a appelée à 19H00 (17H00 GMT) en me disant qu’à son arrivée à l’Aéroport de Tanger (dans le nord, NDLR), il avait été détenu pour diffusion de fausses informations et atteinte aux institutions », avait détaillé Laura Feliu, ajoutant qu’il lui avait dit faire l’objet de « plusieurs avis de recherche » pour ces faits.

Le parquet a confirmé dans un communiqué, relayé par l’Agence officielle marocaine MAP, que M. Lmrabet avait été interpellé « sur la base de plusieurs avis de recherche précédemment émis à son encontre (…) sur fond de publication » d’une « série de contenus numériques comportant des propos diffamatoires et injurieux à l’encontre des personnes et des institutions, et outrageux à l’égard d’instances régies par la loi ».

Il a été transféré au siège de la BNPJ (Brigade nationale de la Police judiciaire) à Casablanca, en charge de l’enquête, et « placé en garde à vue » le temps de son audition. Ali Lmrabet avait été interdit d’exercer son métier au Maroc entre avril 2005 et avril 2015, à la suite d’une condamnation pour diffamation liée à des déclarations sur les Sahraouis des camps de Tindouf (sud-ouest de l’Algérie). La question du Sahara est particulièrement sensible au Maroc.

Il éditait au Maroc les hebdomadaires « Demain Magazine » et « Doumane » (arabophone) avant que ces publications ne soient interdites en 2003, au terme d’un procès pour « outrage au Roi ». Le journaliste avait alors été condamné à trois ans de prison, avant d’être relâché début 2004 à la faveur d’une grâce royale.

Dans un communiqué diffusé dans la soirée du 12 juillet, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) s’est dite « inquiète » de son arrestation.

Afriquinfos & AFP