Togo: Le tiktokeur René Missode Koffi alias «À votre avis» toujours introuvable

Au-delà du cas de «A votre avis», l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains appelle aussi à la libération immédiate de tous les défenseurs des droits humains détenus dans les prisons togolaises.

Afriquinfos Editeur
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René Missode Koffi, créateur de contenus arrêté à Lomé (DR, omct.org)

Lomé (© 2025 Afriquinfos)-  «Enlevé» à Lomé selon ses proches le 27 juin 2025 alors qu’il faisait un live tiktok dans lequel il dénonçait la répression des manifestations de la jeunesse togolaise, René Missodé Koffi, plus connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de «A votre avis», est introuvable depuis le 24 août, après une période de détention à la Prison civile de Lomé. Selon ses proches qui s’inquiètent, le créateur de contenus de nationalité française a été enlevé de sa cellule par des individus non identifiés. Et ils sont depuis, sans nouvelles de lui.

René Missode Koffi alias «A votre avis» n’est plus localisable par ses proches depuis le 24 août. C’est ce que révèle l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains dans une note d’alerte en date du 29 août dernier, adressée aux autorités togolaises.

L’Observatoire indique avoir été informé par le Centre de Documentation et de Formation aux Droits Humains (CDFDH), membre du réseau ‘OMCT SOS-Torture’, de la disparition forcée du créateur de contenus qui avait été enlevé le 27 juin 2025, au cours d’un live Tiktok.

Selon la chronologie des faits rappelée par l’Observatoire, après son «kidnapping», «A votre avis» a été l’objet d’une détention arbitraire. «A votre avis» a ensuite été victime de disparition forcée et d’actes de torture dans un lieu inconnu pendant plusieurs jours, avant d’être emmené à la Direction Centrale de la Police Judiciaires (DCPJ) de Lomé. Et a été placé sous mandat de dépôt pour «trouble aggravé à l’ordre public, atteintes à la sûreté intérieure de l’État et incitation à la révolte populaire». Puis a été déferré à la Prison civile de Lomé le 9 juillet 2025.

Depuis sa cellule à la Prison civile de Lomé, l’activiste qui dans ses sorties sur les réseaux sociaux, se prononce sur les revendications de la jeunesse togolaise en matière de Justice et d’alternance démocratique, a lancé le mouvement «Justice pour les Prisonniers Politiques et les Prisonniers de Liberté Publique» (JPPP/JPLP).

C’est donc en représailles à cette annonce et pour possession d’un téléphone portable que René Missode Koffi a été placé dans une cellule disciplinaire durant deux jours.  

«À l’issue de cette période, des individus en civil, qui pourraient être assimilables à des éléments des Forces de l’ordre et de défense, ont extrait ‘A votre avis’ de sa cellule disciplinaire pour l’emmener vers une destination inconnue», lit-on dans la note de l’Observatoire.

Depuis cette «nouvelle disparition forcée», toutes les tentatives de ses proches pour rentrer en contact avec lui se sont révélées vaines. Selon l’Observatoire, ces derniers ont été «officieusement informé qu’ ‘A votre avis’ ne se trouvait plus dans la prison, mais à la Gendarmerie qui se trouve vers le carrefour Bodjona».

Il pourrait s’agir des locaux du SCRIC (Service Central de Recherches et d’Investigation Criminelle) à Lomé, mais aucune information officielle ne peut le confirmer, indiquent les mêmes sources précitées.

Tout en condamnant cette nouvelle disparition forcée de René Missode Koffi, l’Observatoire «enjoint aux Autorités togolaises de tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation ‘d’A votre avis’ soient révélés, qu’il soit libéré de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur son enlèvement et sa disparition forcée, conformément aux obligations découlant de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (CED), Convention à laquelle l’État togolais est partie».

Au-delà du cas de «A votre avis», l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains appelle aussi à la libération immédiate de tous les défenseurs des droits humains détenus dans les prisons togolaises. Et exhorte les dirigeants du pays à réviser le Code pénal afin de définir et d’incriminer la « disparition forcée » comme une infraction autonome.

Boniface T.