Plus de lumière autour du décès du leader panafricaniste Steve Biko?

Afriquinfos Editeur
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Steve Biko (DR-Alain David)

Cap-Oriental (© 2025 Afriquinfos)- L’enquête sur la mort du militant anti-apartheid Steve Biko, dans une cellule de Pretoria, près de cinquante ans après les faits s’ouvre de nouveau ce 12 septembre, soit 48 ans jour pour jour après la mort de Steve Biko. L’annonce a été faite le parquet sud-africain ce mercredi 10 septembre.

Près de cinquante ans après le décès en détention du leader anti-apartheid, la réouverture de l’enquête ambitionne de  « présenter au tribunal des preuves qui lui permettront de déterminer si le décès a été provoqué par un acte ou une omission qui (…) implique ou équivaut à une infraction de la part d’une personne », a déclaré l’Autorité nationale des poursuites (NPA).

L’enquête sera officiellement ouverte vendredi, soit dans un hôpital de Pretoria, suite à des tortures. Le porte-parole régional de la NPA pour la province du Cap-Oriental, Luxolo Tyali, a déclaré jeudi dans un communiqué que cette décision faisait suite à l’approbation de la ministre de la Justice et du Développement constitutionnel, Mmamoloko Kubayi.

« La réouverture de l’enquête fait suite à l’approbation par la ministre de la Justice et du Développement constitutionnel de la demande du Directeur national des poursuites publiques, soutenue par les représentants légaux de la famille Biko », a déclaré M. Tyali.

Steve Biko, fondateur du Mouvement de la conscience noire, est mort à 30 ans, en 1977, après avoir été roué de coups jusqu’au coma par la police, qui l’avait arrêté un mois auparavant.

Il fut détenu au poste de police de Walmer à Port Elizabeth (Gqeberha), où il aurait été torturé, menotté et maintenu nu dans une cellule.

Ce n’est qu’après 24 jours de détention qu’il fut consulté, car de l’écume apparut autour de sa bouche.

Le 11 septembre 1977, Biko – inconscient, nu et toujours menotté – fut transporté à plus de 1 200 kilomètres de là jusqu’à l’hôpital pénitentiaire de Pretoria.

Il décéda le lendemain à l’âge de 30 ans. Son décès fut attribué à d’importantes lésions cérébrales, une insuffisance rénale aiguë et une urémie.

Une enquête officielle, menée plus tard la même année, confirma l’affirmation de la branche spéciale de la police selon laquelle Biko s’était blessé lors d’une bagarre.

Personne ne fut poursuivi et le personnel médical impliqué fut disculpé.

En 1997, cinq officiers supérieurs de la Special Branch ont déposé une demande d’amnistie auprès de la Commission vérité et réconciliation, reconnaissant avoir inventé leurs récits et soumis de fausses déclarations sous serment. Leurs demandes ont été rejetées en raison de témoignages contradictoires et de l’absence de motivation politique.

L’enquête de 1977 avait accrédité la version de la police, selon laquelle Steve Biko s’était blessé en se cognant la tête contre un mur, et personne n’avait été poursuivi en justice pour sa mort. Mais en 1997, lors des audiences menées par la commission vérité et réconciliation (CVR) sur les crimes commis pendant l’époque de l’apartheid, d’anciens policiers avaient confessé avoir agressé le militant.

Sa disparition avait entraîné une vague de colère dans le monde et il était alors devenu un symbole de la lutte contre le système ségrégationniste d’apartheid en Afrique du Sud, qui refusait tout droit politique et économique à la majorité noire du pays.

Son histoire a inspiré Biko, la chanson contre l’apartheid du chanteur britannique Peter Gabriel, en 1980, puis le film Cry Freedom (1987), de Richard Attenborough.

Cette décision historique survient alors que de nouveaux éléments pourraient éclairer l’une des affaires les plus emblématiques de la répression du régime raciste.

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