SALIFA 2026 à Accra où le livre francophone a été replacé au cœur des réflexions et opportunités panafricaines

Au-delà des recommandations, le “Manifeste d’Accra” ouvre par ailleurs la voie à la création d’une FEPALIVRE (Fédération panafricaine des acteurs du livre).

Afriquinfos Editeur
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SALIFA (Salon du Livre Francophone d’Accra) 2026, 1ère édition
SALIFA (Salon du Livre Francophone d’Accra) 2026, 1ère édition.

Accra (© 2026 Afriquinfos)- Des professionnels de la chaîne du livre ont adopté à Accra (au Ghana) un ‘Manifeste panafricain du livre’ ce 22 août 2026, à la faveur de la clôture de la première édition du SALIFA (Salon du Livre Francophone d’Accra)! Cet évènement original a été centré autour du thème «Le livre francophone: ouvrir des horizons, rapprocher les cultures et favoriser l’intégration économique».

Esther Kalya Bagourdo (promotrice du SALIFA 2026).
Esther Kalya Bagourdo (promotrice du SALIFA 2026).

Le premier ‘Salon du Livre Francophone d’Accra’ s’est tenu dans la capitale ghanéenne ces 21 et 22 août 2026. L’événement a réuni des professionnels de la chaîne du livre, des partenaires culturels et des passionnés de Littérature venus d’une dizaine de pays africains pour échanger autour de l’avenir du livre sur le continent.

Panels, tables rondes, rencontres littéraires et exposition-vente de livres ont rythmé cette édition, placée sous le signe du partage, du dialogue interculturel et de la coopération africaine. Au-delà de la célébration du livre francophone, SALIFA 2026 a aussi offert un espace de réflexion sur les défis structurels auxquels demeure confrontée l’industrie du livre en Afrique.

Une nouvelle impulsion autour du livre

L’un des principaux résultats de cette rencontre a été l’adoption et la signature du ‘Manifeste panafricain du livre’ par les délégations des pays représentés. Le document entend donner une nouvelle impulsion au secteur à travers “le renforcement des réseaux entre écrivains, éditeurs, libraires, bibliothécaires et autres professionnels du livre”. Ce Manifeste rappelle en outre le rôle “historique du livre dans l’éveil des consciences et l’émancipation des peuples africains”.

Les participants ont toutefois relevé un paradoxe : alors que l’Afrique dispose d’un immense potentiel démographique et intellectuel, le continent ne représente qu’une faible part de la production mondiale de livres, et demeure fortement dépendant des importations! “Le livre scolaire qui représenterait environ 70% du marché éditorial africain, constitue à cet égard un secteur stratégique”, ont relevé ces participants.

Un rendez-vous appelé à grandir

Pour Esther Kalya Bagourdo (promotrice du SALIFA), cette première édition a permis de “poser les bases d’un rendez-vous culturel appelé à grandir”. Elle reconnaît les difficultés liées à la mobilisation des partenaires, des sponsors et du public local, notamment des étudiants. Mais elle estime que l’expérience a “permis d’identifier les améliorations nécessaires pour les prochaines éditions”.

Le “Manifeste” appelle ainsi les États africains à soutenir davantage l’industrie du livre, à professionnaliser les acteurs de la chaîne, à renforcer la protection du droit d’auteur, à promouvoir la diversité linguistique et à encourager l’édition locale par des appels d’offres concernant les contenus endogènes du livre scolaire. Il encourage également l’investissement privé dans l’édition, l’imprimerie, les librairies et la diffusion numérique des contenus.

L’essor du numérique et de l’IA (Intelligence artificielle) a également été pris en compte. Les participants ont réfléchi autour des défis posés par l’IA et insisté sur la nécessité d’un usage créatif et responsable, notamment face aux questions d’originalité et d’éthique soulevées par les contenus générés par cette technologie!

Vers une Fédération panafricaine du livre

Au-delà des recommandations, le “Manifeste d’Accra” ouvre par ailleurs la voie à la création d’une FEPALIVRE (Fédération panafricaine des acteurs du livre). Pour plusieurs participants, notamment Dr Dramane Konaté (burkinabè et expert en arts et Littérature), il s’agit d’une «initiative majeure qui va contribuer à structurer davantage le secteur et à faire du livre un véritable levier culturel, éducatif et économique pour l’Afrique».

GGKE & C. A.