Bujumbura (© 2025 Afriquinfos)- Le nouveau Gouvernement burundais nommé ce 6 août a prêté serment lors d’une cérémonie solennelle à cette même date. Sa nomination intervient après celle du nouveau Premier Ministre, Nestor Ntahontuye, par le Président Évariste Ndayishimiye. Ce cabinet, plus resserré composé de 13 ministres, illustre une volonté de centralisation accrue du pouvoir tout en introduisant quelques figures nouvelles.
Le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et du Développement communautaire est confié à Léonidas Ndaruzaniye, dont la nomination marque un recentrage sur la sécurité intérieure dans un contexte d’incidents récurrents.
À la Défense nationale, Marie Chantal Nijimbere fait son retour après un passage critiqué au Commerce, le Burundi étant qualifié de « pays aux pénuries, aux inflations », la carence du carburant étant la plus dramatique avec une durée record de 56 mois. Ce transfert alimente les débats sur la stratégie sécuritaire du gouvernement.
Le ministère de la Justice, désormais élargi aux droits humains et au genre, passe sous la direction d’Arthémon Katihabwa, un juriste réputé proche du CNDD-FDD, appelé à restaurer la crédibilité d’un secteur régulièrement critiqué.
Les Relations extérieures, fusionnées avec les Affaires de la Communauté est-africaine, reviennent à Edouard Bizimana, ancien diplomate dont la mission sera de relancer les relations avec les bailleurs et partenaires régionaux.
Au ministère des Finances, Alain Ndikumana prend la relève de Ntahontuye, avec le défi de stabiliser une économie frappée par des pénuries chroniques et l’inflation. Le portefeuille des Mines revient au docteur Hassan Kibeya, dont la nomination devrait impulser une nouvelle dynamique dans l’exploitation des ressources minières.
À l’Agriculture et à l’Environnement, Calinie Mbarushimana hérite d’un secteur stratégique pour un pays où l’insécurité alimentaire reste élevée. Les Infrastructures et Transports sont confiés à Jean Claude Nzobaneza, chargé de relancer les projets routiers et de modernisation du réseau.
Dans l’Éducation nationale, François Havyarimana conserve son poste, signe d’une continuité dans ce secteur clé pour l’avenir du pays. La Santé publique reste entre les mains de Lyduine Baradahama, reconduite pour poursuivre les réformes sanitaires engagées.
Le ministère de la Fonction publique est attribué au lieutenant général de police Gabriel Nizigama, ancien chef de cabinet civil récemment écarté du pouvoir. Son retour symbolise non seulement le recyclage d’anciens piliers sécuritaires, mais aussi la malice du chef de l’État qui redistribue des postes à des membres du cercle de généraux de l’ancienne rébellion hutue. Cette stratégie lui permet de barrer la route à toute opposition significative, aussi bien au sein du parti présidentiel que des forces de sécurité.
Les Sports et la Jeunesse sont dirigés par Lydia Nsekera, membre du Comité international olympique depuis 2009 et présidente du Comité national olympique du Burundi depuis 2017, personnalité sportive reconnue chargée de redynamiser ce secteur souvent négligé.
Enfin, la Communication revient à Gabby Bugaga, appelé à assurer la maîtrise du discours gouvernemental dans un environnement médiatique étroitement contrôlé.
Des postes supprimés
Le président Ndayishimiye a supprimé plusieurs ministères, notamment le Commerce et la Solidarité, dont il assumera lui-même les dossiers. Ces réorganisations traduisent un resserrement du contrôle présidentiel.
Malgré l’introduction de nouveaux visages, des observateurs locaux et internationaux estiment que l’empreinte du CNDD-FDD demeure omniprésente et que ce remaniement vise avant tout à consolider l’appareil de pouvoir plutôt qu’à engager de réelles réformes.
Main gauche tenant le drapeau national, main droite levée, les nouveaux ministres ont juré fidélité à la Constitution, à la Charte de l’unité nationale, et aux lois du pays. Ils se sont engagés à défendre les intérêts du Burundi et de ses citoyens, à promouvoir l’unité nationale, la paix, la justice et à exercer leurs fonctions avec loyauté et transparence. Lutte contre les idéologies génocidaires, promotion des droits de l’homme, égalité entre les citoyens : autant de principes que les membres du gouvernement ont solennellement promis de défendre, rejetant toute forme de discrimination ou d’exclusion.
Conformément à la procédure, chacun a signé devant la Cour constitutionnelle à l’issue de la prestation de serment.
V. A.



