Elles sont au menu de toutes les agences de tourisme. C’est après deux heures de route sur la RN 7 qui relie Bujumbura à Rutovu, au sud, et une trentaine de kilomètres de piste, qu’on accède à cette merveille de la nature.
Avant de rejoindre les lieux, on peut admirer différentes espèces d’oiseaux aux couleurs vives, des singes au pelage argenté et quelques antilopes aux longues cornes. A la lisière de cette réserve naturelle protégée, des maisons et des champs, la limite n’est pas claire.
A l’approche des chutes, la savane arborée cède la place à une épaisse végétation faite d’enchevêtrements de lianes, de fougères et d’arbres au feuillage dense comme le ficus ovatan. Une guérite et une barrière se dressent. Des gardes forestiers, des guides touristiques et une pancarte indiquent aux touristes que la visite est payante : 4000 Fbu (3,5 dollars) pour les nationaux, et 6000 Fbu (4 dollars) pour les étrangers.
A quelques pas de là, le spectacle tant attendu, finalement, s’offre au visiteur. Sans une intervention des guides pour expliquer que le meilleur est à venir, on en resterait là, le regard admiratif fixé sur ce chef-d’œuvre de la nature : des chutes d’eau de plus de 38 mètres se brisent avec fracas sur des rochers disposés en gradins au milieu d’une végétation luxuriante, juste à côté, un ficus géant.
Le guide explique qu’il s’agit de Nyakayi I. A une centaine de mètres d’autres cascades encore plus belles que les premières, il s’agit de Nyakayi II. Ce n’est pas tout, une petite descente et ce sont les chutes de Mwaro qui offrent un spectacle d’une rare beauté. Et toutes ces trois chutes réunies font les chutes de Karera. Majestueux. Pour les admirer, une petite randonnée sur un petit sentier escarpé et rocailleux s’impose. Plus de 45 m de chutes d’eau sur de gros rochers. Si la descente est facile, le retour est une épreuve pour les randonneurs moins expérimentés.
Ces quatre chutes sont sous la gestion directe de l’Institut National pour la Conservation de la Nature (INECN). Elles sont parmi les sites touristiques les plus visités du pays. Elles sont à plus de 24 km du chef lieu de la Commune Musongati. Selon Déo Nzobonimpa, responsable des monuments naturels de l’Est du Burundi, ce site apporte aux caisses de l’INECN 1,5 million de Fbu par mois, « quand la saison est bonne ».Les visiteurs varient entre 50 et 60 par mois, dont une majorité d’étrangers.
D’après Nzobonimpa, c’est pendant la saison sèche qu’on enregistre le plus de visiteurs étrangers : « Ce nombre pourrait augmenter s’il y avait un hôtel à proximité », déplore-t-il. A noter que cette commune a un autre site touristique : la « Faille des Allemands » ou faille de Nyakazu, un poste d’observation allemand lors de la première guerre mondiale. Il s’agit d’une entaille d’origine tectonique d’une hauteur de plus de 100 mètres qui domine la dépression du Kumoso, vers la frontière tanzanienne.
La nuit tombée, les chutes de Karera deviennent un sanctuaire religieux. Quelques grottes, qui ne sont connues que par des initiés, servent de lieu de culte où des filles désespérées en quête d’amours ou des femmes stériles viennent avec des offrandes implorer « Kiranga », le médiateur entre les hommes et « Imana », Dieu, selon la tradition burundaise.



