Le 26 octobre, des milices d'auto-défense, aussi connues sous le nom d'anti-Balaka, ont attaqué et occupé Bouar, une ville située dans l'ouest du pays, le long de la route menant au Cameroun voisin. Cette attaque a conduit à des affrontements avec les forces des ex-Séléka qui ont fait au moins 20 morts parmi les civils. Un enseignant a été tué par les forces des ex-Séléka, qui ont roulé à plusieurs reprises avec un véhicule sur son corps en raison de son soutien supposé aux milices anti-Balaka. Au moins 10 000 personnes ont été déplacées par les combats dans la ville de Bouar et ses environs.
"Je suis profondément choquée par les meurtres et violations des droits de l'homme qui sont commis en République centrafricaine", a déclaré Navi Pillay.
"Les derniers affrontements entre les forces des ex-Séléka et divers groupes d'auto-défense sont extrêmement préoccupants. Ces incidents violents ont exacerbé les tensions entre les communautés et engendré des divisions sur des bases religieuses ou sectaires. Ils pourraient conduire à une plus grande déstabilisation du pays", a-t-elle dit.
"Les diverses communautés ethniques et religieuses de ce pays vivent ensemble depuis des décennies. Cette escalade de violence et de haine doit être stoppée avant qu'elle ne devienne hors de contrôle", a ajouté la Haut-Commissaire.
"J'exhorte les autorités à lancer immédiatement une enquête transparente et indépendante pour vérifier ces informations révoltantes", a-t-elle déclaré.
Des combats et violations des droits de l'homme ont aussi lieu dans d'autres parties du pays. A Bossangoa, une ville également située dans l'ouest du pays, les affrontements entre les deux groupes ont fait un nombre indéterminé de victimes depuis le mois de septembre 2013 et causé des déplacements de population à grande échelle.
Une équipe onusienne des droits de l'homme s'est récemment rendue à Bossango, où elle a reçu des informations faisant état de violations généralisées des droits de l'homme perpétrées par les deux groupes, y compris des exécutions sommaires, des violences sexuelles ainsi que des cas d'arrestations et de détentions arbitraires. Des centaines de civils, dont deux travailleurs humanitaires appartenant à l'ONG Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED) auraient perdu la vie au cours des deux premières semaines de septembre.
"Je demande aux autorités d'examiner ces allégations sans le moindre délai et, si elle sont confirmées, de prendre des mesures urgentes pour s'assurer que ces arrestations et détentions illégales ainsi que le recours à la torture cessent immédiatement", a déclaré Navi Pillay.
"Il faut restaurer l'état de droit en République centrafricaine de toute urgence", a souligné la Haut-Commissaire, ajoutant : "Si aucune action immédiate n'est entreprise, tant par les autorités que par la communauté internationale, il existe un risque réel de voir la situation dégénérer rapidement et inexorablement en un conflit ouvert. Un tel conflit aurait des répercussions terribles sur la population centrafricaine et pourrait avoir un effet sur toute la région".


