Les rebelles touareg au Mali, alliés aux groupes jihadistes, ont pris le contrôle de la ville-clef de Kidal dans le nord, après une série d’attaques d’ampleur contre des positions stratégiques du pouvoir malien de Transition, plongeant le pays dans l’incertitude sur le devenir du régime militaire.
« Le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir, en démantelant les institutions de la République« , a confié ce 27 avril le Premier ministre Abdoulaye Maïga, lors d’une conférence de presse diffusée par la chaîne publique, ORTM. Il a assuré que des « enseignements » seraient tirés de ces évènements pour apporter « les correctifs nécessaires pour une meilleure sécurisation » du pays. M. Maïga a également appelé les populations à ne pas céder à la « panique« . Toutefois, ni le FLA ni le JNIM n’ont pas encore revendiqué vouloir prendre le pouvoir!
La France a de son côté exprimé « sa préoccupation » après ces attaques, selon une source diplomatique française. Paris « condamne avec la plus grande fermeté les violences commises à l’encontre des civils » et souhaite « qu’une paix et une stabilité durables soient instaurées au Mali« .
Dans la matinée de ce 27 avril, la ville-clef de Kidal (nord) s’est réveillée pour la première fois depuis sa reprise il y a trois ans par l’Armée malienne (FAMa) aux mains des rebelles du FLA, groupe indépendantiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali.
Dans la soirée de ce 26 avril, le chef d’Etat-major de l’Armée malienne avait, de son côté, annoncé une « réadaptation et un repositionnement » du dispositif militaire dans la localité d’Anéfis, à 100 kilomètres de Kidal, dans une déclaration sur la chaîne publique ORTM. Après deux jours de combats intenses entre l’Armée malienne et les groupes armés, le calme est revenu ce 26 avril à Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP.
A Bamako, l’activité semblait avoir repris dans la matinée de ce 27 avril, les marchés, les écoles et les bureaux étaient ouverts, tandis que la population semblait vaquer à ses occupations. Plusieurs barrages qui avaient été érigés dans la ville par l’Armée ont été levés, a constaté l’AFP. Mais des militaires en tenue de combat et lourdement armés étaient encore visibles dans la capitale. Aucun tir n’a été entendu ce 27 avril à Kati, où les affrontements faisaient encore rage la veille. Des débris de voitures calcinées et des impacts de balles y sont toutefois visibles, témoignant de la violence des combats, a constaté l’AFP.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



