L’actuel Chef de l’État Rajoelina doit s’adresser à la nation à 19H00 (16H00 GMT), d’après un communiqué diffusé ce 13 octobre par ses services.
« Nous attendons déjà qu’il s’excuse auprès de tous les Malgaches, parce qu’on a eu beaucoup de blessés. (…) Au tout début, ce qu’on demandait, c’était l’électricité, la liberté de s’exprimer, mais on attend actuellement sa démission », assène Steven Mandimbiarivong Rasolonjanahary, 19 ans, un autre étudiant en droit. « On attend sa démission mais le connaissant, je ne crois pas qu’il va dire ça », pronostique Rotsinasandratra Lucas Hantamalala, étudiante de 20 ans. « Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vus », exhorte-t-elle.

Des soldats ont accompagné ce 11 octobre 2025 dans le centre-ville de la capitale malgache des milliers de manifestants, les rejoignant à nouveau ce 12 octobre pour un rassemblement en hommage aux personnes tuées au cours des plus de deux semaines de manifestations. Le collectif à l’origine des manifestations, baptisé « Gen Z », a appelé à un nouveau rassemblement plus tard ce 13 octobre.
Le mouvement de contestation, qui dénonçait au départ les coupures incessantes d’eau et d’électricité, s’est mué depuis en une contestation plus large du Président Rajoelina, 51 ans, et de son clan. Les manifestants ont obtenu ce week-end le départ du décrié Président du Sénat Richard Ravalomanana, ancien commandant de Gendarmerie. Quant au troisième homme vilipendé par la rue, l’homme d’affaires et proche du chef de l’Etat Maminiaina Ravatomanga, il a fui dimanche matin à l’île Maurice voisine, comme l’a confirmé le Gouvernement mauricien.
Surnommé « Général Bomba » pour son recours généreux aux grenades lacrymogènes lors de la crise de 2009, Richard Ravalomanana était accusé par les contestataires d’être un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces dernières semaines. Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations Unies. Un bilan remis en cause par les Autorités malgaches.
Madagascar, île à la population particulièrement démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de Gouvernements militaires. Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque Mondiale.
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