Madagascar: Comment marche le détecteur de mensonges des membres du prochain Gouvernement

Une méthode inédite qui a pour but de convaincre les Malgaches de la probité des autorités, alors qu’elles font face à des accusations de corruption cinq mois après leur arrivée au pouvoir.

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Madagascar: Comment marche le détecteur de mensonges des membres du prochain Gouvernement
Un homme en train d'être passé au détecteur de mensonge (DR).

Antananarivo (© 2026 Afriquinfos)- A Madagascar, les ministres seront désormais soumis au détecteur de mensonge. Le Président de Transition, Michaël Randrianirina, a précisé ne pas chercher quelqu’un de «propre à 100%, mais à plus de 60%». Une méthode inédite qui a pour but de convaincre les Malgaches de la probité des autorités, alors qu’elles font face à des accusations de corruption cinq mois après leur arrivée au pouvoir.

Le passage au détecteur de mensonge des futurs ministres sera-t-il un gage de leur probité, alors que les accusations de corruption pleuvent sur le régime de la transition cinq mois après sa prise du pouvoir ? C’est en tout cas sur cette méthode peu commune qu’a décidé de se reposer le président Michaël Randrianirina pour renouveler son Gouvernement après le limogeage sans explication du Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, et de son équipe le 9 mars dernier.

«Nous avons décidé de passer par un polygraphe pour réaliser les enquêtes de moralité à partir desquelles les candidats seront sélectionnés. Nous avons fait venir l’instrument de l’étranger avec un spécialiste pour le manipuler», a expliqué le colonel en marge de la présentation du Rapport annuel de la Cour des comptes. Cérémonie organisée cette année à grand renfort de communication pour prouver la volonté de faire toute la transparence sur les finances de l’Etat. L’appareil mesure les réactions physiologiques (activité cardiaque, cérébrale, musculaire) en fonction des réponses à un interrogatoire.

«On saura qui est corrompu et qui va nous aider, qui va trahir la lutte des jeunes. On ne cherche pas quelqu’un de propre à 100% mais à plus de 60%. De cette manière, Madagascar pourra enfin se développer», a précisé le Président. En justifiant par cette nouvelle procédure le retard pris dans la désignation du Gouvernement.

En effet, cette décision vise à évaluer la probité des futurs ministres dans un contexte de défiance généralisée. Le chef de l’État affirme vouloir identifier les profils susceptibles de trahir les engagements de la transition. Cette approche tranche avec les pratiques institutionnelles classiques.

Par ailleurs, les candidats qui réussissent ce test doivent ensuite passer un entretien final avec le président et le Premier ministre. Ce double filtre renforce le caractère exceptionnel de cette procédure. Toutefois, il soulève aussi des interrogations sur sa fiabilité et sa légitimité juridique.

Cette initiative intervient quelques jours après le limogeage du précédent gouvernement, annoncé sans explication le 9 mars. Selon les autorités, la corruption reste au cœur des préoccupations politiques actuelles, ce qui justifie une réponse forte.

En effet, plusieurs scandales liés à l’ancien régime ont fragilisé la confiance des citoyens. Le pouvoir de transition cherche ainsi à marquer une rupture claire avec les pratiques passées. Cette stratégie vise à renforcer la crédibilité de l’exécutif.

Toutefois, la méthode choisie divise déjà. Certains observateurs estiment que le recours au polygraphe ne garantit pas une évaluation fiable. D’autres y voient un signal politique fort destiné à rassurer une population en attente de changements concrets.

Par ailleurs, cette communication vise à rendre le processus plus transparent aux yeux du public. Toutefois, elle alimente aussi les critiques sur une possible banalisation des comportements problématiques. Le débat reste ouvert.

Depuis la prise de pouvoir des militaires en octobre 2025, Madagascar traverse une phase de transition délicate. Le régime en place affirme que le pouvoir lui a été transféré par la Cour constitutionnelle, rejetant toute accusation de coup d’État.

Dans ce contexte, le nouveau gouvernement doit incarner une rupture et préparer les prochaines étapes politiques. En effet, une feuille de route prévoit des consultations nationales, une nouvelle Constitution et une élection présidentielle en 2027.

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