"Nous continuons de suivre la situation en République centrafricaine, nous restons gravement préoccupés", a indiqué Martin Nesirky, le porte-parole de l'ONU, lors d'un point de presse quotidien.
"Nous appelons le gouvernement et les rebelles à se concentrer sur un dialogue qui puisse prévenir la violence et conduire à un règlement pacifique du conflit et au respect de l'Accord de paix global de Libreville", a-t-il dit.
L'Accord de paix global de Libreville de 2008, signé par le gouvernement et les trois groupes rebelles principaux, avait permis de mettre fin aux conflits en République centrafricaine.
Les propos de M. Nesirky s'inscrivent dans la lignée des déclarations faites par le secrétaire général Ban Ki-moon et le Conseil de sécurité de l'ONU la semaine dernière au sujet de la crise en Centrafrique.
Dans un communiqué en date du 27 décembre, le Conseil de sécurité avait appelé "toutes les parties à s'abstenir de toute violence à l'encontre des civils et à respecter les droits de l'homme", ainsi qu'à "rechercher une solution pacifique en participant dans un esprit constructif à un dialogue politique adapté aux circonstances". Le conseil avait aussi accordé tout son soutien à la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC, dix membres), qui joue actuellement un rôle de médiateur et tente d'instaurer un dialogue entre les parties en conflit.
Lors de son point de presse, M. Nesirky a indiqué que l'ONU saluait "les efforts déployés au niveau régional pour trouver une solution politique et renforcer la sécurité" en Centrafrique, un pays qui a été ravagé par la violence pendant plus d'une décennie.
Il a fait savoir que, par mesure de précaution, le personnel international des Nations Unies avait temporairement quitté le pays, mais que l'ONU continuait de suivre attentivement la situation.
Margaret Vogt, la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU qui est à la tête du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA), a maintenu le contact avec les principales parties prenantes en Centrafrique et dans la région et offert son appui aux négociations politiques, a assuré M. Nesirky,
Sur le terrain, les rebelles poursuivent leur progression vers le sud et s'approchent de la capitale Bangui. Pour le pays, riche en ressources mais pauvre sur le plan économique, il s'agit de la situation la plus préoccupante en matière de sécurité depuis la formation du gouvernement actuel en janvier 2009 suite à un dialogue politique national.
Mercredi, un bilan établi par les rebelles, que Xinhua n'a pu faire confirmer par des sources indépendantes, faisait état de plus d'une centaine de morts – 93 dans les rangs de l'armée régulière (FACA) et 12 côté rebelle – au cours des combats des trois derniers jours.


