Tripoli (© 2026 Afriquinfos)- Des représentants de l’Est et de l’Ouest libyens ont signé dimanche 30 août à Tripoli, sous l’égide de l’ONU, un accord présenté comme une avancée pour l’organisation d’élections nationales dans ce pays divisé.
Le texte est le fruit de discussions menées ces derniers mois à Rome, puis à Tunis, entre représentants des principales institutions et forces politiques libyennes rivales.
Signé au siège de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) en présence de l’envoyée spéciale Hanna Tetteh, l’accord porte entre autres sur la recomposition de la Haute commission électorale nationale.
Il prévoit l’organisation d’élections législatives et présidentielle « dans un délai ne dépassant pas 24 mois » mais avec une condition de taille: qu’elles se tiennent « sous l’autorité d’un exécutif unique et d’institutions nationales unifiées », ce qui n’est pas encore le cas.
Minée par les divisions depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est gouvernée par deux exécutifs rivaux: l’un à Tripoli (ouest), reconnu par l’ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, l’autre à Benghazi (est), sous la férule de la famille du puissant maréchal Khalifa Haftar.
M. Dbeibah a salué une « étape importante » et dit espérer que l’accord constituerait « un pas concret dans la bonne direction, en préservant la priorité accordée aux élections ».
De son côté, le Maréchal Haftar s’est réjoui, selon la chaîne libyenne al-Masar, d’une avancée « dans le traitement de questions restées en suspens pendant des années et qui ont contribué à entraver la volonté des Libyens d’aller de l’avant vers la tenue d’élections présidentielle et législatives ».
Tout en se félicitant de la signature du texte, Mme Tetteh a appelé à traduire « cet accord en actions concrètes ».
‘’Cet accord pave la voie à une discussion plus approfondie sur les étapes clés et les activités qui doivent être entreprises pour rendre possible la tenue d’élections générales en Libye dans un délai de deux ans. Un grand merci également à Son Excellence le V.P. Moussa Kouni pour sa participation à l’événement, aux côtés des membres de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d’État, ainsi qu’à tous les membres du Comité international de suivi en Libye, autrement appelé le processus de Berlin, pour votre présence et votre soutien’’, a écrit l’envoyée spéciale dans un tweet.
Présentée en août 2025 par l’ONU, la feuille de route pour la Libye prévoit notamment la mise en place d’un cadre électoral consensuel, l’unification des institutions exécutives divisées et l’organisation d’un dialogue politique élargi.
Parmi les différends de ces dernières années figurent les règles du scrutin présidentiel, notamment l’éligibilité des militaires et des binationaux, ainsi que l’organisation simultanée ou non des élections présidentielle et législatives. La gouvernance de la Haute Commission électorale faisait également l’objet de désaccords.
L’accord soutenu par l’ONU est distinct d’une initiative menée par Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, qui vise à rapprocher les parties libyennes.
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