Les priorités du Mauritanien Sidi Ould Tah pour le début de sa gouvernance à la BAD

Afriquinfos Editeur
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Le Mauritanien Sidi Ould Tah, nouveau Président de la BAD (DR-Gouvernement ivoirien)

Abidjan (© 2025 Afriquinfos)- Élu le 29 mai dernier lors des Assemblées annuelles de la banque, à Abidjan avec 76,18 % des voix, le nouveau président de la Banque africaine de développement, le Mauritanien Sidi Ould Tah, est entré en fonction le 1er septembre 2025, alors que plusieurs défis l’attendent à la tête de la première institution financière de développement du continent. Il remplace le Nigérian Akinwumi Adesina, qui a passé dix ans à la tête de l’institution.

La cérémonie de prestation de serment du nouveau patron de la première institution financière de développement du continent a eu lieu au siège de l’institution, à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire.

Ludovic Ngasté, ministre congolais du Plan et président du Conseil des gouverneurs de la BAD, qui a fait le discours d’ouverture, a souligné que M. Ould Tah entame son mandat, pour une durée de cinq ans, dans un contexte marqué par des défis de plusieurs ordres et de nombreuses incertitudes.

Ancien ministre mauritanien de l’économie et des Finances, M. Ould Tah peut mettre au profit de la Bad son expérience dans son pays comme argentier national et surtout, à la Banque arabe pour le développement de l’Afrique (Badea), où il a réussi à multiplier par huit les décaissements.

Ces incertitudes, dira-t-il, concernent évidemment ‘’la situation géopolitique mondiale marquée par des conflits persistants, la guerre commerciale, les hausses de barrières douanières et non douanières qui créent des volatilités sur le marché des matières premières’’.

Le Mauritanien Sidi Ould Tah, nouveau président de la banque, a à  l’endroit du président Mohamed Ould El-Ghazaouani, dit ses ‘’remerciements les plus sincères’’ et sa ‘’profonde gratitude pour la confiance placée en (sa) modeste personne’’, ainsi que pour les efforts inlassables déployés.

’Je prends l’engagement solennel de travailler en étroite collaboration avec le personnel administratif (de la banque) dans un esprit de concertation afin de poursuivre la mission’’ assignée à l’institution financière panafricaine, a-t-il assuré.

’Au moment où j’entame mon mandat de président du Groupe de la BAD, je me dois de saluer l’œuvre exaltante de mes prédécesseurs qui ont su consolider cette grande institution financière dont nous sommes si fiers’’, a-t-il affirmé.

’Je ne me fais pas d’illusion sur les multiples défis, les incertitudes liées aux bouleversements géopolitiques, la réduction de l’aide au développement, le poids pesant de la dette de nos pays et le grand retard sur les ODD’’, a relevé M. Sidi Ould Tah.

Pour lui, cela impose de ‘’revisiter nos chantiers d’investissements’’. Banquier chevronné, M. Tah était de juin 2015 à avril 2025, le président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).

Sous son leadership, les actifs de la BADEA ont progressé de quatre milliards à près de sept milliards de dollars, et l’institution a obtenu la notation de crédit ‘’AA+/AAA’’. Au cours des 50 dernières années, la BADEA a financé plus de 700 projets dans plus de 44 pays africains, avec une valeur totale dépassant six milliards de dollars.

Présent à cette investiture, le président Mohamed Ould El-Ghazaouani, a dans une allocution, rappelé que la BAD joue un rôle déterminant dans le développement économique et social sur le continent par son accompagnement technique et financier.

Le chef de l’Etat Alassane Ouattara a fait remarquer que sa prise de fonction ‘’ouvre une nouvelle ère d’espérance’’, à la banque, réitérant ses ‘’chaleureuses félicitations’’ à M. Ould Tah, 9e président de la BAD.

Alassane Ouattara a, par ailleurs, insisté que M. Tah prend les rênes de la BAD à un moment où le continent est confronté à des défis considérables sur le plan sécuritaire et au niveau politique avec les répercussions des tensions au Proche Orient, la guerre en Ukraine et le terrorisme.

Il s’est dit convaincu, au regard de son expérience avérée dans le domaine de la finance, que la Banque africaine de développement (BAD) saura faire face à ces défis et continuera la transformation économique de l’Afrique.

La Bad a été créée en 1963 à Khartoum, au Soudan, avec, au départ, 23 pays africains membres. Son siège a été ensuite délocalisé à Abidjan, en 1965. Elle a Bad a pour principale mission de faire reculer la pauvreté dans ses pays membres, en contribuant à leur développement économique et à leur progrès social.

Pour atteindre cette mission, elle s’appuie sur trois organes, à savoir : la Banque africaine de développement proprement dite, le Fonds africain de développement et le Fonds spécial du Nigeria.

Entre 2015 et 2025, la Bad, sous son ancien président Akinwumi Adesina, a réussi à obtenir le financement de nombreux projets de développement dans l’agriculture, l’énergie, la santé, l’eau et l’infrastructure.

V.A.