Les institutions africaines toujours remontées contre le nouveau pouvoir à Bissau 

Le Président de la Commission de l’UA (Union Africaine), Mahmoud Ali Youssouf et le président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, Julius Maada Bio, ont respectivement condamné sans équivoque le coup d’État militaire survenu en République de Guinée-Bissau.

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Les institutions africaines toujours remontées contre le nouveau pouvoir à Bissau
Union Africaine (DR-African Union).

Addis-Abeba (© 2025 Afriquinfos)- Le Président de la Commission de l’UA (Union Africaine), Mahmoud Ali Youssouf et le président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, Julius Maada Bio, ont respectivement condamné sans équivoque le coup d’État militaire survenu en République de Guinée-Bissau le 26 novembre 2025. Un acte qui a entraîné l’arrestation du Président Umaro Sissoco Embaló, de hauts responsables et de dirigeants politiques, au moment où la nation était sur le point de connaître les résultats des législatives et de la présidentielle du 23 novembre dernier.

Tout en affirmant avoir pris note de la déclaration commune des chefs de la Mission d’observation électorale de l’Union africaine, de la Mission d’observation électorale de la CEDEAO et du Forum des anciens d’Afrique de l’Ouest sur la situation postélectorale en République de Guinée-Bissau, publiée le 26 novembre 2025, Mahmoud Ali Youssouf a réaffirmé la tolérance zéro et le rejet sans équivoque de l’Union Africaine à l’égard de tout changement inconstitutionnel de Gouvernement.

Conformément aux principaux cadres normatifs de l’UA, notamment l’Acte constitutif de l’Union africaine (2000), la Déclaration de Lomé sur les changements inconstitutionnels de gouvernement (2000), la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance ( 2007) et le Cadre d’Ezulwini (2009), et souligne que de tels actes compromettent gravement la gouvernance démocratique, la stabilité collective et l’état de droit en Guinée-Bissau.

Il demande la libération immédiate et inconditionnelle du président Embaló et de tous les fonctionnaires détenus et exhorte toutes les parties prenantes concernées à faire preuve de la plus grande retenue afin d’éviter une nouvelle escalade.

Le Président souligne en outre l’importance de respecter le processus électoral en cours et l’ordre constitutionnel, conformément aux dispositions de la Commission nationale électorale (CNE), seul organe habilité à annoncer officiellement tous les résultats électoraux dans le pays. Il insiste également sur le fait que les aspirations du peuple bissau-guinéen à la paix, à la démocratie et au développement durable ne doivent pas être compromises par des actions anticonstitutionnelles. Il réaffirme que l’Union africaine est prête, en collaboration avec la CEDEAO et d’autres partenaires internationaux clés, à soutenir les efforts visant à rétablir la  stabilité et à préserver les processus démocratiques par le dialogue et les mécanismes juridiques.

Le président réaffirme le soutien et la solidarité indéfectibles de l’Union africaine envers le peuple de Guinée-Bissau pendant cette période critique et dans son cheminement collectif vers la gouvernance démocratique, la construction nationale et la stabilité.

Même son de cloche chez la CEDEAO

Le président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, Julius Maada Bio, a également condamné dans une déclaration publiée le jeudi 27 novembre 2025, le coup d’État militaire survenu la veille en Guinée-Bissau, trois jours après les élections présidentielles et législatives du 23 novembre, interrompant «illégalement» le processus électoral en cours.

Selon la déclaration, le Président de la Conférence a félicité les citoyens bissau-guinéens pour avoir  ‘’exercé pacifiquement leurs droits démocratiques conformément au calendrier constitutionnel’’, tout en condamnant ‘’sans équivoque’’ l’action de certains éléments des Forces armées qui ont ‘’illégalement interrompu’’ un scrutin ‘’à un stade décisif’’.

La CEDEAO a rappelé sa politique de ‘’tolérance zéro’’ à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement, conformément à son Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, et s’est dite prête à prendre ‘’toutes les mesures nécessaires’’ pour un rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.

La CEDEAO rappelle également que les auteurs du coup d’État portent la responsabilité individuelle et collective de la sécurité des personnes détenues, ainsi que celle de la population, des résidents et des ressortissants étrangers, y compris le personnel diplomatique.

Le président de la Conférence appelle enfin les acteurs politiques, la société civile et l’ensemble de la population à «rester calmes», à faire preuve de «retenue», et à éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions. L’organisation régionale réaffirme son engagement à défendre ‘’les aspirations démocratiques et les intérêts légitimes du peuple de Guinée-Bissau’’. Le Président déchu a été exfiltré vers Dakar dans la soirée de ce 27 novembre 2025.

V. A.