Les entreprises familiales prennent davantage de volume au Maroc, à même d’inspirer ailleurs en Afrique 

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Une réunion au sein d'une entreprise familiale (DR)

Casablanca (© 2026 Afriquinfos)- Qualifié comme un pilier historique de l’économie marocaine, les entreprises familiales voient désormais leur poids économique confirmé par les chiffres.  L’assemblée générale de l’Institut des entreprises familiales, tenue jeudi à Casablanca, a été l’occasion de présenter une étude consacrée au poids économique des entreprises familiales au Maroc.

Réalisée par l’Institut des entreprises familiales (IEF Maroc) avec l’appui de la Société financière internationale (IFC), et de l’institut des entreprises familiales d’Espagne, cette étude révèle que 92,9% du tissu entrepreneurial marocain sont représentés par les entreprises familiales, qui assurent également près de 65% de l’emploi.

L’étude révèle en outre que trois entreprises familiales sur quatre sont des TPME. Elles contribuent à hauteur de 60,5% à la valeur ajoutée nationale créée.

L’âge moyen de ces entreprises ressort à 24,2 ans. Près de 31% d’entre elles sont dirigées par la deuxième génération, tandis que seulement 5% ont franchi le seuil des cinquante années d’existence et atteint la troisième génération ou plus.

Ces entreprises familiales affichent toutefois des niveaux de performance supérieurs à ceux des entreprises non familiales, grâce notamment à des mécanismes de gouvernance mieux structurés et à une meilleure préparation de la relève.

Présent à l’ouverture de la conférence, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a qualifié les entreprises familiales de «colonne vertébrale du commerce et de l’économie marocaine». Pour le ministre, leur capacité à préparer efficacement leur succession et à assurer leur continuité constitue un enjeu stratégique pour la solidité du tissu productif national.

Même constat du côté de Cheick-Oumar Sylla, directeur régional de l’IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. Selon lui, cette étude apporte enfin des données tangibles pour confirmer une réalité que les acteurs économiques percevaient depuis longtemps : les entreprises familiales constituent l’un des principaux moteurs de la croissance marocaine.

Mezzour a par ailleurs salué le travail mené par l’IEF-Maroc pour accompagner ces entreprises dans leur transformation. Il a appelé les entrepreneurs marocains à accélérer leur internationalisation, à développer leurs propres marques et à saisir les opportunités offertes par les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.

Pour Kacem Bennani-Smires, président de l’IEF-Maroc, cette étude marque une étape importante. Fruit de deux années de recherche, elle vise à mesurer de manière rigoureuse et scientifique la contribution réelle des entreprises familiales à l’économie marocaine.

«L’entreprise familiale n’est pas seulement l’affaire d’une famille, mais celle de toute l’économie nationale», a-t-il souligné. Au-delà de leur poids économique, ces structures constituent, selon lui, un patrimoine immatériel essentiel, préservant des savoir-faire parfois transmis depuis plusieurs générations tout en soutenant des millions d’emplois.

Les résultats de l’étude soulignent également les défis auxquels ces entreprises sont confrontées, notamment en matière de gouvernance, de transmission et de pérennité.

Le président de l’IEF-Maroc a alerté sur un défi majeur : la transmission intergénérationnelle. Seules 15% des entreprises familiales parviennent aujourd’hui à franchir le cap de la troisième génération. Une fragilité qui dépasse le cadre familial, puisqu’elle peut entraîner la disparition d’emplois, la perte de compétences stratégiques et l’effacement de savoir-faire construits sur plusieurs décennies.

Des leviers pour renforcer la durabilité de ce modèle entrepreneurial

Il s’agit de l’accompagnement de la transmission intergénérationnelle, du développement des dispositifs de préparation des successeurs, de l’amélioration de l’accès au financement des PME familiales et la promotion des bonnes pratiques de gouvernance.

Le soutien à la croissance et à la transformation de ces entreprises aura également été présenté comme un enjeu déterminant.

Autre enseignement majeur : près de 75% des entreprises familiales marocaines sont des très petites, petites ou moyennes entreprises. Leur rôle est donc déterminant dans l’animation des économies locales, le développement des territoires et la création d’emplois. L’étude met également en avant leur forte intensité en capital humain ainsi que leur capacité à créer de la valeur sur le long terme grâce à une vision entrepreneuriale durable.

Pour l’IEF-Maroc, cette publication vise entre-autre à approfondir la connaissance de ce segment stratégique et à renforcer sa prise en compte dans les politiques publiques et les stratégies de développement du Royaume.

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