Abuja (© 2025 Afriquinfos)- La tentative de putsch militaire au Bénin, la énième ces dernières années dans la région ouest-africaine, est visiblement celle de trop. Pour éviter qu’un nouveau pays ne bascule sous la coupe d’un régime militaire, le Nigeria via son Sénat a promptement approuvé l’envoi de troupes aérienne et terrestre pour aider son voisin de l’Ouest. Dans la foulée, la CEDEAO qui a également déployé sa Force en attente pour prêter main forte aux Forces armées béninoises, a décrété l’état d’urgence dans toute la région.
Quarante-huit heures après la tentative de coup d’Etat au Bénin, la CEDEAO a décrété un état d’urgence dans toute l’Afrique de l’Ouest, car elle se dit préoccupée par la multiplication des tentatives de coups d’Etat et putschs survenus dans la région ces dernières années.
Le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a qualifié les coups d’Etat de menace grave pour la paix et la gouvernance démocratique, soulignant qu’il faut un investissement accru et significatif dans les mécanismes de sécurité collective. La situation qui a prévalu au Bénin où rien ne laissait présager une telle tentative de coup d’Etat a mis en alerte toute l’organisation régionale. Selon Omar Alieu Touray, l’état d’urgence vise à permettre aux Etats membres et à la Commission de la CEDEAO d’activer des mécanismes exceptionnels pour préserver la gouvernance, renforcer la coopération régionale en matière de sécurité et mobiliser plus rapidement les ressources.
En effet, si les Forces Armées Béninoises ont mis en déroute les soldats mutins menés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, c’est grâce à à une réaction prompte et chirurgicale de la Force régionale de la CEDEAO venant notamment du Nigeria. Le grand voisin du Bénin a joué un grand rôle dans la contre-offensive.
Réunis en session spéciale ce 9 décembre, les Sénateurs nigérians ont approuvé une requête du Président Bola Ahmed Tinubu visant à engager des troupes dans le pays voisin, secoué deux jours plus tôt par une tentative de coup d’État. Pour justifier cette prompte réaction du Sénat nigérian, son Président, Godswill Akpabio, a indiqué que ce déploiement répondait aux exigences de la Constitution de l’Etat fédéral. Et a souligné l’urgence « d’éviter une escalade et une crise humanitaire dans la sous-région ».
Bola Ahmed Tinubu a pour sa part rappelé que cette décision s’inscrivait dans les engagements sécuritaires de la CEDEAO dont le « Protocole additionnel sur la démocratie » autorise une assistance militaire en cas de rupture institutionnelle. Au Nigeria, la démarche a été examinée conformément aux articles constitutionnels qui imposent la consultation du Conseil de défense et l’aval du Sénat pour toute opération extérieure.
Cette approbation du Sénat nigérian est rétro-active puisque ce 7 décembre, l’Armée de l’air du pays était déjà intervenue pour neutraliser les mutins.
Boniface T.



