Plusieurs personnes sont mortes dans le coup d’Etat déjoué du 7 décembre au Bénin, selon les autorités, où certains des auteurs sont encore en fuite alors que la vie a repris un cours quasiment normal dans la capitale économique Cotonou depuis ce 08 décembre.

A l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, le Gouvernement béninois a fait le compte-rendu détaillé des évènements du 7 décembre. Il explique que tôt dimanche matin, de « violents affrontements » ont opposé les mutins et la Garde républicaine à la résidence du Président Patrice Talon, faisant « des victimes des deux côtés », sans en préciser le nombre exact. Le Gouvernement a fait aussi état du décès de l’épouse du Directeur du Cabinet militaire du Président, le général Bertin Bada, « mortellement blessée » quelques heures plus tôt dans un autre assaut mené par les putschistes.
Les autorités de Cotonou ont aussi expliqué que le « groupuscule de soldats ayant organisé la mutinerie », après avoir brièvement tenu la télévision nationale, se sont retranchés dans une base militaire, à Togbin, située dans un quartier résidentiel. C’est pour éviter des « affrontements à l’arme lourde » et des victimes collatérales que la décision a été prise de faire des frappes ciblées, et que le Bénin a été aidé pour cela par le Nigeria voisin.
Le Gouvernement ajoute qu’un déploiement de troupes nigérianes au sol a permis de reprendre la base dans la nuit de dimanche à lundi, et que des soldats ivoiriens sont également arrivés à Cotonou. La CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) avait annoncé dès dimanche soir de son côté l’envoi de renforts militaires de quatre pays de la région, sans indiquer le nombre d’hommes, pour soutenir « le Gouvernement et l’Armée républicaine » du Bénin, et « préserver l’ordre constitutionnel ».
Dimanche soir, le Président Patrice Talon avait assuré que la situation était « totalement sous contrôle ». Mais, ce n’est qu’au petit matin que deux haut gradés, le chef d’état-major de l’Armée de terre, Abou Issa et le chef d’état-major de la Garde nationale, Faïzou Gomina, pris en otage par les mutins retranchés, ont pu être libérés, dans la ville de Tchaourou (centre, à plus de 350 km de Cotonou).
« Nous n’avons plus aucun officier en otage, ils sont tous libérés », a affirmé ce 8 décembre à l’AFP une source militaire, qui ajoute que des putschistes ont « pris la clé des champs », ce qu’a confirmé le Gouvernement, alors que le ratissage de poursuit. Ce 07 décembre, des sources militaires faisaient état d’une douzaine de mutins arrêtés. Selon une source proche du dossier, leur leader, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, fait partie de ceux qui sont en fuite.
Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, exclu du scrutin présidentiel de 2026, a dit « rejeter toute prise du pouvoir par les armes, et condamne avec la dernière rigueur ces actes qui n’honorent pas notre pays », dans un communiqué publié ce 07 décembre. « Cet événement ignoble et dramatique indique une fois encore la nécessité pour tous les acteurs politiques de notre pays de privilégier le dialogue », a écrit cette formation politique. « Nous devons tirer les enseignements de ces évènements pour qu’ils ne se reproduisent plus jamais », a de son côté déclaré Patrice Talon, cité dans le communiqué du Conseil des ministres.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



