Lomé (© 2024 Afriquinfos)- L’Ambassadeur français au Togo, Augustin Favereau, a salué le parcours de l’artiste plasticien togolais Sokey Edorh, en lui remettant les insignes de ‘Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres’ de la France ce mardi 25 juin.

Ainsi, l’artiste plasticien reconnu pour ses écritures et son art de la latérite rejoint les 450 promus au rang de ‘Chevalier des Arts et des Lettres’ chaque année. Une gratification qui reconnaît «le rayonnement des Arts et des Lettres en France et dans le monde» et est accordée par le ministère français de la Culture.
«En tant qu’artiste plasticien, mon travail a toujours été guidé par la passion, l’authenticité et le désir de partager une vision unique du monde. L’Art, pour moi, est un langage universel qui transcende les frontières, unit les Cultures et éveille les consciences. Recevoir cette distinction de la part de la France, un pays qui a une histoire et une tradition artistique si riches, est une source d’inspiration et de motivation», a déclaré Sokey Edorh lors de la cérémonie de distinction. Tout en souhaitant à ce que «cette reconnaissance serve de rappel que l’Art a le pouvoir de changer les cœurs et les esprits, et qu’il est essentiel de le soutenir et de le célébrer».
Née en 1955, Sokey Edorh a débuté sa carrière auprès de maître Paul Ahyi dès l’âge de 19 ans. Son travail, marqué par une exploration profonde de la mémoire collective et des enjeux contemporains, a été salué par l’Ambassadeur Favereau ce 25 juin 2024 pour ses qualités humanistes et son engagement envers l’histoire et le présent de l’Afrique.
Les créations de Sokey Edorh évoquent les peintures rupestres, les signes et les écritures qu’il a découverts lors de ses voyages, notamment chez les Dogons au Mali, en Dordogne et à Lascaux en France. Les lignes, les signes abstraits et les pigments qui traversent ses oeuvres s’inspirent d’une forme de primitivisme noble, rappelant les œuvres pariétales réalisées par les premiers hommes il y a plus de 40.000 ans.
En utilisant la latérite, une terre rouge d’Afrique, à la fois comme matériau de construction et de fabrication d’objets artisanaux et sacrés, l’artiste trouve une source de renouvellement et de distinction. Il puise abondamment dans cette latérite au pied du mont Agou où se trouve son atelier, à environ 100 km au nord de Lomé, entouré de villages dont les maisons aux murs rouges influent sur sa créativité.
L’artiste indique aussi qu’il collecte de la latérite dans différents pays, lors de ses voyages, pour obtenir des teintes différentes. «La poussière est plutôt orange en Côte d’Ivoire, plutôt rose au Burkina Faso», décrit-il. Les terres d’Afrique se mélangent ainsi sur ses toiles sans frontières.
Tout en «m’ouvrant aujourd’hui aux techniques modernes, je reste attaché à ces systèmes d’écritures traditionnelles, terreau de ma philosophie plastique, et je réitère clairement ma vision d’un langage de communication à la façon du mythe de Janus», note le plasticien togolais dont la renommée dépasse largement les frontières nationales. Avec des œuvres achetées et exposées à travers le monde, témoignant de son impact et de son influence.

2024 reste riche pour l’artiste qui rentre dans la collection du ‘Centre Georges Pompidou’ à Paris. Cette même année, il a pu également exposer dans deux galeries parisiennes: la ‘Galerie Christophe Person’ et la ‘193 Gallery’.
Vignikpo Akpéné