Le Parlement togolais s’intéresse pour une fois à des malversations présumées dans l’univers du football national

Afriquinfos Editeur
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Session des députés ce 25 juin (DR)

Lomé (© 2026 Afriquinfos)- Une affaire des présumés matchs de football truqués lors du championnat national, ébranle le Togo. Après avoir été traitée par les instances disciplinaires de la Fédération togolaise de football (FTF), le sujet a été évoqué à l’Assemblée nationale ce 25 juin, lors de la 4e séance plénière de la première session ordinaire de l’année, présidée par Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale. Les députés ont par cette occasion demandé des explications au gouvernement.

Pour ce faire, la ministre du développement à la base et de l’économie sociale et solidaire, Mazamesso Assih, était devant la Représentation nationale, le Jeudi 25 juin 2026 dans le cadre d’une question orale avec débat relative aux allégations de trucage de matchs. Elle était accompagnée de Monsieur Abdul-Fahd Fofana, ministre délégué auprès du ministre du développement à la base et de l’économie sociale et solidaire, chargé de la jeunesse et des sports.

C’était au cours de la 4e séance plénière de la première session ordinaire de l’année, présidée par Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale.

Cette interpellation a été portée par le député Kokou Eké Hodin, Président de la Commission de l’éducation, de la communication et du développement socioculturel. Le parlementaire a attiré l’attention du gouvernement sur les accusations de manipulation de résultats de matchs, relayées notamment par des enregistrements audios mettant en cause certains responsables de la Fédération Togolaise de Football (FTF) et du comité d’organisation du championnat.

Dans sa réponse, la ministre Mazamesso Assih a indiqué que face aux accusations relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias, le gouvernement a entrepris plusieurs démarches. Selon ses propos, les services compétents ont procédé à la collecte des éléments disponibles, notamment les enregistrements audios, les rapports de matchs et les résultats sportifs, afin de disposer d’une base factuelle solide pour les investigations.

Des consultations juridiques ont également été engagées pour déterminer le cadre légal approprié à la conduite d’une enquête impartiale et efficace. La ministre a également indiqué que le gouvernement a pris contact avec les responsables de la FTF. Si la FTF a contesté la véracité et la portée des enregistrements incriminés, l’exécutif estime qu’une telle réponse demeure insuffisante au regard de la gravité des faits allégués.

Une commission d’enquête indépendante en préparation

Le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Dr Abdul-Fahd Fofana, a annoncé la volonté du gouvernement de mettre en place une commission d’enquête indépendante en collaboration avec la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage du Togo. Cette instance devra fonctionner en toute indépendance vis-à-vis de la FTF, du gouvernement et de toutes les parties susceptibles d’être concernées par les investigations.

Selon le ministre délégué, cette commission aura pour mission d’examiner les preuves de manière contradictoire, d’entendre les différentes parties et de rendre publiques ses conclusions dans des délais raisonnables. Si des infractions pénales venaient à être établies, une collaboration avec les autorités judiciaires est également envisagée.

À l’issue des échanges, le Président de l’Assemblée nationale, Prof. Komi Selom Klassou, a appelé à faire toute la lumière sur cette affaire. Il a indiqué que la Représentation nationale attend les conclusions de la commission d’enquête annoncée par le gouvernement. Il a également insisté sur la nécessité de redonner espoir aux jeunes talents et de poursuivre les efforts engagés pour le développement du football togolais.

À l’issue de son enquête, l’instance disciplinaire avait infligé de lourdes sanctions aux deux principaux protagonistes. L’entraîneur franco-congolais Théophile Bola a été suspendu pour une durée de cinq ans et six mois, tandis que Toulassi Kokou, président d’Espoir FC, a écopé d’une suspension de six ans de toute activité liée au football. En revanche, les autres responsables du football togolais cités dans l’enregistrement n’ont finalement fait l’objet d’aucune sanction.

Lors des échanges au Parlement, les députés ont insisté sur la nécessité d’aller au bout des investigations afin de lever toutes les zones d’ombre autour de cette affaire. Selon les informations communiquées à l’issue des discussions, une commission indépendante devrait être mise en place pour approfondir les investigations. Cette structure mènera ses travaux sans la participation de représentants de la FTF ni du ministère en charge des Sports, avec pour mission d’établir les responsabilités éventuelles.

V.A.