Washington (© 2026 Afriquinfos)- Le Maroc a pris part, mercredi 4 février, à une réunion ministérielle de haut niveau consacrée aux minéraux critiques, à travers la participation de son Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. Cette rencontre internationale a réuni plus d’une cinquantaine de pays autour d’un enjeu devenu central pour la sécurité économique et industrielle mondiale.
Organisée à l’initiative du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, cette réunion visait à identifier des solutions concrètes pour sécuriser et diversifier les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, indispensables aux industries de pointe, à la transition énergétique et aux technologies stratégiques.
Le Maroc joue un « rôle clé » dans les efforts visant à sécuriser et à diversifier les chaînes d’approvisionnement mondiales des minéraux critiques, a affirmé, mercredi à Washington, le Secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio.
Intervenant lors d’une conférence de presse en marge de la rencontre, Marco Rubio a expliqué que le Maroc a un « rôle clé à jouer en raison des gisements dont il dispose, mais aussi en raison de la volonté du Royaume d’investir dans la transformation et de sa coopération en acceptant de prendre part à cette initiative mondiale ».
« C’est important pour le Maroc, qui peut jouer un rôle de premier plan, car il dispose de réserves minérales importantes dont il peut tirer parti pour développer son économie« , a poursuivi le chef de la diplomatie américaine.
M. Rubio a estimé qu’à l’instar des autres pays du globe, le Royaume a « intérêt à disposer d’un approvisionnement fiable et diversifié à travers le monde en matériaux transformés, finis et raffinés pouvant être utilisés de manière rentable pour favoriser son développement économique ».
« Le Maroc peut donc jouer un rôle clé à cet égard, et nous sommes très heureux qu’il soit ici aujourd’hui, à la table avec nous », a dit le Secrétaire d’Etat américain en marge de cette rencontre qui a réuni des ministres des Affaires étrangères et de hauts responsables de plus d’une cinquantaine de pays, dont le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita.
L’appel du Maroc
Au fil des discussions, les participants ont abordé les leviers d’investissement dans le secteur des minéraux critiques, ainsi que la mise en place de mécanismes de prix plancher destinés à stabiliser les marchés et à encourager des partenariats durables. Dans ce cadre, les ministres et hauts responsables ont lancé le « Forum sur l’engagement géostratégique dans le secteur des minerais et des ressources », conçu comme une plateforme de coordination et de dialogue à long terme.
Nasser Bourita a en ce sens souligné que le monde d’aujourd’hui ne manque pas de minéraux, ni de terres rares. « Ce qui lui manque, c’est un développement responsable, un langage de confiance entre les nations, des cadres transparents où le partenariat remplace la dépendance et des chaînes de valeur qui répartissent la prospérité plutôt que de concentrer les risques« , a-t-il précisé.
Le Ministre a, ainsi, appelé à un « pacte de loyauté entre producteurs, transformateurs et utilisateurs, fondé non pas sur l’idéologie, mais sur le respect stratégique et l’équilibre souverain« .
« L’Afrique devrait être au cœur du pacte entre les producteurs, les transformateurs et les utilisateurs« , a soutenu M. Bourita, qui a rappelé que le Roi Mohammed VI, avait appelé, dans le Message Royal adressé aux participants à l’édition 2025 du Forum « Ibrahim Governance Weekend » qu’ »avec 40% des réserves mondiales de matières premières et 30% des minéraux critiques ainsi qu’un potentiel considérable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques, l’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières« .
Ainsi, le ministre a appelé à « l’investissement dans les infrastructures, les compétences et la gouvernance de l’Afrique afin de transformer ses richesses naturelles en croissance économique durable, en création d’emplois et en prospérité à long terme pour ses populations« .
Par sa participation, le Maroc a réaffirmé son intérêt pour une gouvernance internationale équilibrée des ressources stratégiques et son ambition de contribuer à des chaînes de valeur plus résilientes, transparentes et inclusives. Fort de son positionnement géographique, de ses partenariats diversifiés et de son expérience en matière de coopération Sud-Sud, le Royaume s’inscrit comme un acteur crédible dans les débats sur l’avenir des ressources critiques.
Cette réunion a également illustré la convergence croissante entre diplomatie, économie et sécurité, dans un contexte marqué par la recomposition des équilibres mondiaux et la compétition accrue autour des matières premières stratégiques.
Il convient de souligner qu’en marge de cette réunion, M. Bourita a signé un mémorandum d’entente avec les États-Unis au sujet de la coopération dans le domaine des minéraux critiques et des terres rares.
V.A.



