Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Sam Okudzeto Ablakwa, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, 27 février, sur X, estimer que 272 Ghanéens ont été « attirés » dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, « dont environ 55 auraient été tués ».
Ces derniers mois, plusieurs pays africains, notamment le Kenya et l’Ouganda, ont commencé à découvrir le sort de leurs ressortissants enrôlés dans l’Armée russe, qui souvent finissent tués ou capturés en Ukraine.
Samuel Okudzeto Ablakwa a effectué cette semaine une visite à Kiev, notamment pour discuter avec les autorités ukrainiennes du sort de deux Ghanéens prisonniers de guerre, après avoir été capturés sur le front alors qu’ils combattaient dans les rangs russes.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a affirmé lors d’une rencontre avec son homologue ghanéen ce 25 février que plus de 1.780 Africains – ressortissants de 36 pays du continent – combattaient contre l’Ukraine au sein de forces russes. Les Ghanéens partis combattre dans cette guerre « sont victimes de manipulation, de désinformation » de la part « de réseaux criminels de trafiquants » qui leur promettent « un travail décent » en Russie, a assuré M. Ablakwa ce 25 février 2026.
« En tant que Gouvernement responsable, nous ne pouvons fermer les yeux sur ces statistiques bouleversantes », a déclaré M. Ablakwa sur son compte X. Le Gouvernement « s’engage à traquer et à démanteler tous les réseaux de recrutement illégaux opérant sur le dark web » pour enrôler des Ghanéens, « ce n’est pas notre guerre, et nous ne pouvons pas permettre que nos jeunes deviennent des boucliers humains pour d’autres », a-t-il ajouté.
Des journalistes de l’AFP ont rencontré des prisonniers de guerre kényans, togolais, camerounais et nigérians, lors d’une visite fin 2025 dans une prison ukrainienne. Plusieurs Kényans interrogés par l’AFP après avoir réussi à retourner dans leur pays ont raconté avoir croisé des dizaines d’Africains dans les camps d’entraînement en Russie ou sur le front, venant du Nigeria, du Cameroun, d’Egypte ou d’Afrique du Sud.
Ces hommes ont affirmé avoir été trompés par des promesses d’emplois civils bien rémunérés en Russie, avant de se retrouver enrôlés de force dans l’Armée russe et envoyés combattre en Ukraine.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



