Accra (© 2026 Afriquinfos)- Au Ghana, une affaire de mœurs a pris des proportions diplomatiques après la convocation de l’Ambassadeur Russe par le ministère ghanéen des Affaires étrangères. Au cœur de leurs échanges la volonté de faire traduire devant les juridictions compétentes, un Russe ressortissant Russe qui aurait filmé clandestinement des relations sexuelles avec des femmes ghanéennes, puis aurait partagé les images sur les réseaux sociaux sans leur consentement.
L’indignation était à son summum quand des dizaines de vidéos à caractère sexuel explicite impliquant des femmes ghanéennes et un ressortissant russe, ont inondé les réseaux sociaux, début février. Ce dernier muni d’une lunette intégrée d’une caméra filmait ses interactions avec ces femmes et les a publiées sans leur consentement.
Face au tollé suscité par l’affaire, les autorités ghanéennes ont décidé d’agir. De premiers éléments indiquent que le suspect a probablement quitté le pays, a déclaré le ministère ghanéen du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale, Agnes Naa Mmomo Lartey. Elle a ajouté que le départ de cet homme « ne diminuerait en rien la gravité des faits reprochés ni la responsabilité de l’État de poursuivre les responsables ».
Dans la foulée, le Ministre des Affaires étrangères, Samule Okudzeto Ablakwa a convoqué, l’Ambassadeur russe en poste à Accra pour lui exprimer la « vive indignation » de son pays et lui a déclaré son intention de demander l’extradition du suspect depuis la Russie. Le Chef de la diplomatie gahanéene a déclaré aux journalistes : « Cet homme sera recherché, nous activerons tous les moyens à notre disposition en collaboration avec Interpol. » « Nous demanderons aux autorités russes – et c’est pourquoi j’ai invité l’ambassadeur de Russie – de collaborer avec nos forces de l’ordre. Nous voulons que cet homme soit ramené au Ghana, extradé vers le Ghana afin qu’il subisse les rigueurs de notre loi. »
S’il est rare que la Russie extrade ses ressortissants, le Diplomate Russe, Sergeï Berdnikov, a réaffirmé la volonté de Moscou de coopérer avec Accra, notamment pour le partage d’informations. Des informations que la Russie devra également partager avec les autorités kényanes. L’individu aurait également sévi à Nairobi. Hanna Cheptumo, ministre kényane du Genre, de la Culture et des Services à l’enfance, a qualifié l’incident de cas « grave » de violence sexiste.
Dans un communiqué publié lundi, Cheptumo a ajouté : « Les services de sécurité, d’enquête et de poursuite compétents ont reçu pour instruction de traiter cette affaire avec la plus grande diligence, y compris en collaboration avec les autorités internationales compte tenu de la nature transfrontalière de l’affaire. »
S.B.



