Le couple de l’artiste Almok réclame des réformes disruptives dans la gouvernance au Togo

La star de la musique urbaine togolaise, Almok et son époux font partie depuis plusieurs mois des critiques du pouvoir de Lomé.

Afriquinfos Editeur
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Almok (DR)

Lomé (© 2026 Afriquinfos)- La star de la musique urbaine togolaise, Almok et son époux font partie depuis plusieurs mois des critiques du pouvoir de Lomé. L’interprète de «Nononini» dénonce une industrie culturelle «sous perfusion politique» où le talent brut ne suffirait plus pour accéder aux grandes scènes.

A travers une publication faite ce 10 mars sur sa page Facebook, la chanteuse togolaise, s’est adressée sans détours à ses fans. «Je sais que ma voix vous manque mes inconditionnels, mais je suis fatiguée de faire de la musique dans un pays où on est obligé d’avoir des parrains dans le Gouvernement avant d’évoluer, avant d’avoir des salles de spectacles ou des scènes», a-t-elle déclaré.

Selon Almok, le climat politique actuel au Togo ne constitue pas un terreau fertile à l’éclosion des talents. Raison pour laquelle, « Je suis retournée à l’école de musique dans un pays où on est libre. Là où on ne te demande pas tu appartiens à quel groupe? Là où les opportunités te sont données parce que tu as du talent», a-t-elle précisé. Ajoutant qu’elle n’a pas «peur de recommencer à zéro».

Selon l’artiste et mère de famille, qui vient d’ailleurs d’annoncer sa retraite de la scène musicale du Togo, pour réussir au Togo, il faudrait désormais appartenir à un «clan» ou bénéficier de soutiens au sein du Gouvernement.

«Je suis fatiguée de faire de la musique dans un pays où on est obligé d’avoir des parrains pour évoluer», a-t-elle lâché, pointant du doigt un système de favoritisme qui verrouille l’accès aux salles de spectacles. Aux amoureux de sa musique, Almok ne demande qu’une chose: du temps. «Donnez-moi du temps et vous serez fiers», a-t-elle supplié.

Artiste musicienne togolaise, Almok est connue pour ses célèbres titres dansants tels que « Nononini », «Takouvi », «Molo molo» et «Akpé». Ces derniers mois, elle s’est illustrée sur les réseaux sociaux à travers une série de publications critiques visant le pouvoir de Lomé.

Dans cette même veine, son époux a envoyé des messages acerbes à l’endroit des autorités de Lomé.

Cette position s’est davantage renforcée au lendemain de la dernière révision constitutionnelle qui a fait basculer le pays dans un régime parlementaire. Laquelle a permis au Président Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis 2005 à la suite de son père décédé, de prolonger son règne.

Ce changement de régime avait suscité de vives contestations au sein de l’opposition et de la société civile. Sur les réseaux sociaux, le rappeur togolais Aamron, très critique du régime, avait appelé à manifester le 4 juin, jour d’anniversaire du président Faure, contre ce qu’il qualifie de « dictature », de mauvaise gouvernance et de réforme constitutionnelle inopportune.

L’initiative avait d’ailleurs été fortement soutenue par plusieurs artistes dont Almok. En juin 2025, l’artiste togolaise publiait une vidéo dans laquelle elle alertait l’opinion publique nationale et internationale de ce que sa vie serait en danger. «Je suis en danger, la vie de mes enfants et celle de mon mari sont en danger», avait-elle prévenu.

Mais pour autant, cela ne l’a pas empêché de multiplier les invectives sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à comparer l’état du Togo à celui du « Bénin révélé“ dont elle se dit admirative. En septembre 2025, Almok fut l’une des toutes premières artistes togolaises à féliciter le Président béninois Patrice Talon pour avoir respecté la limite de mandats définie par la constitution béninoise.

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