Le Gouvernement camerounais a reconnu ce 28 octobre des morts dans les manifestations post-électorales, l’Union européenne et l’Union africaine déplorant pour leur part la violence de la répression après la réélection contestée du Président Paul Biya, 92 ans, pour un huitième mandat.
Pour Murithi Mutiga, responsable du programme Afrique à l’International Crisis Group (ICG), « la légitimité du mandat de Paul Biya est fragilisée, car une grande partie de ses propres citoyens ne croit pas en sa victoire électorale« . Il a, en conséquence, appelé le Président Biya « à engager de toute urgence une médiation nationale afin d’éviter une escalade supplémentaire« .
Des manifestations sporadiques et limitées – quelques centaines de jeunes au maximum à ce stade – ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs villes, notamment la capitale économique Douala, où quatre personnes sont mortes dimanche, 26 octobre, lors d’un rassemblement, selon le Gouvernorat régional.
La tension est également vive dans dans le fief de M. Tchiroma à Garoua (nord), où il a dit ce 27 octobre se trouver et être protégé par « mille » personnes devant chez lui, en affirmant que des « snipers » ont tiré sur ses partisans. Et en déplorant « deux morts » après l’annonce des résultats. Mardi matin, quelques boutiques de Garoua ont rouvert timidement, et les conducteurs de motos-taxis ont repris progressivement leur service, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Mais la peur persiste, la population reste sur le qui-vive et les écoles fermées, les parents préférant garder leurs enfants à la maison par prudence. « Je reste chez moi toute la semaine. Si la violence reprend, on ne pourra pas s’enfuir à temps« , confie un enseignant sous couvert d’anonymat. Boubakary, 26 ans, résume l’atmosphère: « La violence peut exploser à tout moment. On espère que ça va se calmer« .
Devant le domicile d’Issa Tchiroma, environ 150 jeunes restaient rassemblés ce 28 octobre, sous l’œil de policiers déployés en nombre, selon un photographe de l’AFP. À Douala, après des manifestations réprimées par les Forces de l’ordre ce 27 octobre, les réseaux sociaux évoquaient deux morts lors des violences post-électorales, sans confirmation officielle.
Le Gouverneur de la région du littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a déclaré à la Télévision nationale avoir effectué « 200 arrestations » principalement « des vandales, des drogués des personnes désœuvrées … et non des militants d’un parti« .
© Afriquinfos & Agence France-Presse



