L’Afrique doit surtout compter sur ses ressources intérieures pour émerger

Afriquinfos Editeur
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C’est l’un des principaux points sur lesquels ont insisté les riches panels qui ont meublé la tenue de la IXème édition du Forum pour le développement de l’Afrique que vient d’organiser la CEA (Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique). Cet important rendez-vous s’est délocalisé pour la première fois à Marrakech (Maroc), loin du cadre traditionnel d’Addis-Abeba (Ethiopie) où ce type d’enrichissant Forum panafricain est habituellement organisé.

Le compte-rendu qui suit de nos confrères de l’Agence panafricaine AMA expose les grands traits de la richesse des contributions/échanges ayant meublé le panel de la CEA portant sur le développement du continent noir. Cet évènement, une biennale, était centré cette année 2014 autour du thème : «Financements novateurs pour la transformation de l'Afrique».

«L'Afrique se développe à un rythme régulier et est sur la voie de la croissance durable à long terme, ouvrant ainsi un certain nombre d'opportunités d'investissement. En fait, un tiers des pays africains ont des taux de plus de 6% de croissance du PIB. Cependant, comme débattu au Neuvième Forum africain pour le développement organisé par la CEA, les ressources nécessaires au développement durable de l'Afrique ne viendront pas de l'aide. L'Afrique doit rechercher à l'intérieur, générer des ressources financières provenant de ses propres économies.

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Les intervenants sont convenus qu'un obstacle majeur à la mobilisation des ressources nationales est l'existence de milliers de PME africaines qui continuent d'opérer dans le secteur informel et ne paient pas d'impôts. L'économie informelle représente 20 à 40 pour cent de la richesse du pays et environ 70 pour cent de la population africaine travaille dans le secteur informel. Par conséquent, la formalisation du secteur informel est cruciale pour la mobilisation des ressources.

La Ministre de l'économie et des finances ivoirien, Kaba Nialé, déclare que la mobilisation des ressources intérieures est importante pour soutenir la croissance économique actuelle du continent africain». Elle avoue que de nombreux pays africains ont reconnu qu'ils doivent améliorer la capacité à générer des revenus intérieurs pour une croissance économique durable.

Elle souligne: «Il est bien connu que les gouvernements africains ont une faible capacité à percevoir des impôts; bien que les recettes fiscales soient la principale source de ressources intérieures, de nombreux pays africains ont un ratio impôts-PIB, inférieur à 10 pour cent».

Il a été noté que, bien que le continent africain soit excessivement dépendant de l'exportation des ressources naturelles, il ne reçoit que 3 à 5% des revenus des ressources naturelles. Par la suite, au cours de la dernière décennie, plus de 500 milliards de dollars ont été perdus sous forme de fuite des capitaux. Les experts sont convaincus que ceci est le résultat de la faiblesse des régimes de réglementation, mais aussi de la perception des investisseurs qui pensent qu'il n'existe que des options limitées dans ces pays.

Machiko Nissanke, Professeur d'économie, à l'École des études africaines et orientales de Londres (SOAS), et Aeneas Chuma Chapinga, Directeur général adjoint et Directeur régional pour l'Afrique, de l'OIT, a souligné, que ce qui manque n'est pas la liquidité mais les intermédiaires financiers pour canaliser ce capital vers des investissements productifs. 

Les experts ont également examiné les moyens de mobiliser des fonds et abordé les envois de fonds. Dr Esman M. Nyamongo, de la Banque centrale du Kenya, déclaré: «les transferts de fonds, en particulier lors des deux dernières décennies, a dépassé les sources traditionnelles de flux externes. En outre, des études sur l'impact du flux des transferts de fonds dans la région ont décelé un certain nombre de résultats positifs. Par exemple, la majorité des transferts de fonds est canalisée dans les départements du secteur public tels que l’éducation et la santé».

  (Par E. Gadegbeku)

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