Cinéma africain: Halima Gadji ou le destin d’une femme brisée

Le matin du 27 janvier, le monde du 7è Art africain s’est réveillé avec cette nouvelle: «Halima Gadji est décédée la veille».

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L'actrice sénégalaise Halima Gadji

Sénégal (© 2026 Afriquinfos) – Actrice, chroniqueuse, entrepreneure, maman ! Alima Gadji portait à elle seule toutes ces casquettes.

Une nouvelle inattendue…

Le matin du 27 janvier, le monde du 7è Art africain s’est réveillé avec cette nouvelle: «Halima Gadji est décédée». La Grande Faucheuse lui avait donc rendu visite le 25 janvier. Mettant ainsi fin à son passage sur Terre. Elle a décidé qu’il était temps pour elle de se reposer, et a repris celle qui a fait vibrer des millions de foyers par son talent et sa beauté. Purement africains.

C’est un scénario que même les plus grands cinéastes n’avaient pas imaginé pour cette toute jeune femme. Halima, partie si brusquement à 36 ans! Officiellement, des suites d’un malaise (selon ses proches), quelques heures seulement après avoir posté l’annonce du casting de la série «La nouvelle reine» sur sa page Facebook.

Révélée au grand public panafricain du cinéma dans son rôle «Marième Dial», dans la série à succès en Afrique francophone «Maîtresse d’un homme marié», Halima Gadji a aussi joué dans des séries telles que «Le Futur est à Nous». Et a également campé le rôle de chroniqueuse sur plusieurs émissions du ‘Groupe Canal+’.
Elle devint ainsi une des femmes les plus adulées du paysage audiovisuel francophone d’Afrique, et bien au-delà. Malgré ce succès, cette Maroco-Sénégalaise menait une lutte constante contre ses démons intérieurs.

Maladie mentale, taboue en Afrique

En effet, la santé mentale, encore largement taboue en Afrique, faisait partie des combats personnels d’Halima Gadji. L’actrice avait publiquement évoqué sa maladie à plusieurs reprises, notamment sur les plateaux de ‘Life Week-end’ (Life TV) et de ‘Canal+ Afrique’: «Je souffre de maladie mentale depuis l’âge de 11 ans, je suis dépressive. Et, ma dépression me mène toujours à des tentatives de suicide», avait-elle déclaré.

Ce mal a été le catalyseur de son engagement envers les personnes qui souffraient également de la même pathologie. Elle avait fondé l’association «Mon Mentak» dédiée à l’accompagnement des personnes souffrant de troubles mentaux, à l’accès à de véritables traitements, et à leur réinsertion sociale.

Elle avait l’habitude de déclarer que «la dépression est pire que le SIDA, pire que la COVID, pire que la peste. C’est pire que tous les virus au monde». Ses abonnés, souvent témoins impuissants de ses crises dépressives, sont bien évidemment sous le choc de sa disparition !

Quelle solution concrète pour aider les malades de dépression?

Halima Gadji avait pour habitude de dire que la dépression était un mal bien trop minimisé en Afrique. Et, à juste titre. Les personnes souffrant de dépression sont généralement stigmatisées. Il faudrait dans un premier temps reconnaître que la dépression est une maladie à part entière.

Dès lors, des établissements spécialisés pourraient sortir de terre afin de porter secours aux personnes souffrant de cette maladie, dans toutes les cinq sous-régions du continent africain. En attendant cette prise de conscience collective, l’une des solutions concrètes reste les suivis psychologiques. Cependant, tout le monde ne peut s’offrir de telles prestations sanitaires (services d’un psychologue) en raison du coût onéreux.

Le décès d’Halima Gadji nous rappelle une chose essentielle : il faudrait arrêter de minimiser la tristesse et la souffrance des personnes atteintes de troubles mentaux. Souffrance de plus en plus exprimée sur les réseaux sociaux. La dépression est réelle, même chez les Africains. Ce n’est ni une faiblesse ni un manque de foi de l’exprimer ouvertement et d’en appeler au secours.

Yaëlle L.