Mogadiscio (© 2026 Afriquinfos)- La Somalie a lancé sa toute première opération de forage pétrolier en mer, une décision qualifiée de « jalon historique » par son Ministre du Pétrole, Dahir Shire. Cette information a été rapportée lundi 6 avril par la presse locale à l’issue d’une sortie médiatique d’Ali Omar, ministre somalien des Affaires étrangères.
Selon les mêmes sources, le navire turc Çağrı Bey, affrété par la Turkish Petroleum Corporation, s’est dirige vers les eaux territoriales somaliennes en mer d’Arabie pour entamer des forages en eaux profondes. Une première pour ce pays de la Corne de l’Afrique, jusqu’ici totalement absent de la carte des producteurs d’hydrocarbures.
Ce forage dénommé Curad-1, est réalisé avec l’appui de la Turquie et marque le passage de la phase d’études sismiques, à celle de test direct en mer. L’objectif est de vérifier la présence d’hydrocarbures dans les eaux territoriales somaliennes.
Ces opérations sont réalisées via le navire de forage turc deep-sea Çağrı Bey, déployé depuis février 2026 dans la zone d’intérêt. L’un de ses objectifs est de recueillir des données sur les caractéristiques du sous-sol. Ces éléments techniques sont nécessaires pour confirmer et préciser la présence éventuelle des ressources pétrolières, d’une part, et de l’autre évaluer la viabilité commerciale et les possibilités d’exploitation du potentiel en hydrocarbures identifié.
« En cas de succès, cela pourrait renforcer les perspectives de croissance de la Somalie fondée sur ses ressources, tout en consolidant le rôle de la Turquie en tant que partenaire fiable à long terme », a déclaré Ali Omar.
“Le Cagri Bey (navire) est arrivé en Somalie pour sa mission historique”, a déclaré Alparslan Bayraktar sur la plateforme de médias sociaux turque NSosyal, ajoutant que l’opération ouvrirait “un tout nouveau chapitre dans l’histoire énergétique de la Türkiye et de la Somalie”. Il a ajouté que la Türkiye entamait sa première campagne de forage en eaux profondes à l’étranger.
“Nous demandons la grâce de Dieu pour notre première opération de forage en eaux profondes à l’étranger, qui s’étend au-delà de nos frontières”, a-t-il dit. Plus tôt ce mois-ci, le ministre avait déclaré que le navire devait arriver vendredi, marquant ainsi le début des premières activités de forage en mer de la Türkiye dans les eaux de ce pays de la Corne de l’Afrique.
Vers le deuxième puits offshore le plus profond au monde ?
Le navire de recherche a recueilli des données sur une superficie de 4 464 kilomètres carrés au cours d’une campagne d’étude de 234 jours. Suite à l’analyse des données recueillies, le “navire de forage en eaux ultra-profondes de septième génération” Cagri Bey est prêt à forer le puits CURAD-1, situé à 372 kilomètres au large des côtes de Mogadiscio. L’opération visera une profondeur de 7 500 mètres, ce qui pourrait en faire le deuxième puits offshore le plus profond au monde.
Le puits tire son nom de Curad, qui signifie en somali le premier-né de la famille. Les opérations, qui devraient durer 288 jours, mobiliseront environ 500 personnes appuyées par trois navires auxiliaires de sa flotte énergétique et des unités navales turques pour en assurer la sécurité.
Depuis plusieurs années, les autorités somaliennes affichent leur volonté de s’appuyer sur les hydrocarbures pour soutenir la croissance économique. La poursuite de cette ambition intervient alors que l’économie somalienne reste dominée par des secteurs traditionnels. Les autorités somaliennes cherchent à diversifier leurs sources de revenus, en misant notamment sur le potentiel en hydrocarbures, notamment au large des côtes.
Depuis mars 2024, la Somalie se fait accompagner dans la concrétisation de cette ambition par la Turquie avec qui un accord de coopération a été signé. Dans ce prolongement, des discussions ont été engagées en 2025 avec l’Azerbaïdjan en vue d’une coopération énergétique avec la compagnie nationale azerbaïdjanaise SOCAR.
Toutefois, les résultats des campagnes de forage restent incertains. D’après des estimations du cabinet Rystad Energy, publiées dans plusieurs analyses sectorielles récentes, seuls 38 % des puits d’exploration pétrogazière débouchent sur des découvertes commercialement viables, indiquent certains médias.
V. A.



