Libreville (© 2025 Afriquinfos)- Interpellé le 1er août à Beyrouth par la Direction générale de la sûreté libanaise, après avoir affirmé qu’il détenait des enregistrements audio et vidéos « compromettants » et impliquant le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, l’influenceur gabono-libanais Nazih Marwan El-Azzi risque plusieurs années de prison. Et une très forte amende.
Si le Liban venait à procéder à son extradition, Nazih Marwan El-Azzi serait alors confronté au Gabon, pays où il a grandi, à des « accusations de chantage, tentative d’extorsion, diffamation, injures publiques et menaces électroniques ».
Activiste, influenceur plus connu sous le pseudonyme « X NAZIH X » sur les réseaux sociaux, il a prétendu pouvoir faire vaciller le pouvoir de Libreville! Interpellé au Liban, il pourrait bientôt être remis aux autorités gabonaises. Le jeune homme de 25 ans a en effet été interpellé au Liban, où il s’était réfugié, et d’où il menaçait de diffuser d’autres enregistrements, après le tout premier présenté comme une conversation privée avec le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.
Durant plusieurs jours, l’influenceur libanais Nazih Marwan El-Azzi a tenu le Gabon en haleine, en affirmant qu’il détenait 46 autres audio et 14 vidéos « compromettants« . Il réclamait au Chef de l’État gabonais six milliards de francs CFA, soit environ neuf millions d’euros, pour son silence.
En l’absence d’accord d’extradition entre les deux pays, et compte tenu de la tournure politique de cette affaire, c’est l’Ambassade du Liban au Gabon qui a confirmé l’arrestation de l’influenceur. Sur sa page Facebook. « Dans le souci de la préservation des relations fraternelles entre le Liban et le Gabon, et dans le cadre de la coopération et de la coordination officielles continues entre les autorités des deux pays, la Direction Générale de la Sûreté Générale libanaise a procédé le 1er août à l’arrestation du Libanais Nazih Marwan El Azzi« , ont écrit les autorités libanaises.
Risque d’emprisonnement et d’amendes
Nazih Marwan El-Azzi pourrait se voir opposer les dispositions du Code pénal gabonais sur la cybercriminalité. Celles-ci prévoient de très fortes amendes et des peines d’emprisonnement cumulatives: dix ans pour menaces en ligne, sept pour extorsion, et le double en cas de bande organisée.
Cependant, au-delà de ces considérations juridiques, le mystère demeure entier sur l’éventuelle véracité des accusations de Nazih Marwan El-Azzi. Outre le Président de la République gabonaise, elles concerneraient des magistrats et la Direction générale des services spéciaux.
Si de telles affirmations s’avéraient exactes, elles mettraient en lumière des délits et des dysfonctionnements majeurs au cœur de l’appareil d’État. Ce serait alors un coup dur pour le Président nouvellement élu, B. Clotaire Oligui Nguema, dont une partie de la légitimité repose sur la fin de plusieurs décennies de règne de la famille Bongo, au Gabon.
« X NAZIH X » est un habitué de l’invective voire de la diffamation et de l’insulte à l’encontre de personnalités gabonaises sur les réseaux sociaux. Selon nos confrères du quotidien gouvernemental gabonais ‘L’Union’ qui le considèrent comme un maître chanteur, Nazih Marwan El-Azzi s’en est pris il y a quelques mois à Alain Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba, et actuel leader de l’Opposition gabonaise.
V. A.



