Réconciliation promise entre Venancio Mondlane et Daniel Chapo dans un coma profond

Afriquinfos Editeur
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L'opposant Venancio Mondlane (DR-Human Rights Foundation)

Maputo (© 2025 Afriquinfos)- Alors qu’en mars dernier, une rencontre entre l’opposant Venancio Mondlane et le Président Daniel Chapo donnait l’espoir d’une paix civile au Mozambique, M. Mondlane a été, à la grande surprise de tous, inculpé d’«incitation au terrorisme», ce 22 juillet 2025.

Figure de l’opposition et ancien candidat à la présidentielle, Venancio Mondlane est désormais formellement inculpé d’« incitation au terrorisme ». Le ministère public l’accuse d’avoir plongé le pays dans le « chaos » post-électoral à l’automne dernier. Il avait mené la fronde contre la victoire controversée du candidat du Frelimo, Daniel Chapo, après une élection entachée de graves irrégularités selon plusieurs missions internationales d’observation.

De son côté, Venancio Mondlane dénonce une manœuvre politique et assure qu’il se défendra devant la justice. C’est l’opposant lui-même qui a révélé mardi 22 juillet le contenu de l’acte d’accusation à la sortie de sa rencontre avec le procureur dans un centre-ville quadrillé par les forces de l’ordre. Cinq chefs d’accusation ont été retenus contre lui, dont incitation à la désobéissance collective, incitation publique à commettre un crime et surtout incitation au terrorisme.

Le parquet l’accuse d’avoir orchestré via les réseaux sociaux une « révolution », d’avoir agi avec préméditation et d’avoir mené le pays au « chaos ». L’acte d’accusation évoque la mort de centaines de personnes, la paralysie de services publics et la fermeture de frontières.

Toutefois, Venancio Mondlane rejette en bloc ces accusations. Il affirme avoir « rendu service à la nation » en dénonçant une fraude électorale massive. Il se montre satisfait que l’accusation contre lui soit désormais formelle. « Nous sortons du cadre du secret de l’enquête », a-t-il dit déclaré. Il promet de se présenter à son procès la conscience tranquille, entouré d’avocats « nationaux et internationaux ». Aucune date de procès n’est pour le moment fixée. En attendant, l’opposant est libre, mais toujours sous contrôle judiciaire.

Lueur d’espoir pour une paix éteinte

L’inculpation du chef de Venancio Mondlane intervient quelques mois après qu’il ait annoncé avoir conclu avec le président, Daniel Chapo, un accord pour « mettre fin à toutes les violences », après plusieurs mois d’affrontements postélectoraux qui ont parfois semé le chaos dans ce pays d’Afrique australe.

 «Nous allons mettre fin à toutes les violences (…). Nous avons convenu que toutes les formes de persécution, de part et d’autre, doivent cesser », avait déclaré M. Mondlane dans une vidéo en direct sur les réseaux sociaux. Cela inclut les « violences policières et civiles » contre la police, ses propres partisans ou les membres du parti au pouvoir, a-t-il ajouté. « Nous devons mettre un terme à la destruction des biens publics et privés (…) et donner au pays une chance de se stabiliser », avait-t-il insisté.

Après des mois de tension politique parfois extrême, Daniel Chapo et Venancio Mondlane se sont rencontrés pour « discuter des solutions aux défis auxquels est confronté le pays » et « promouvoir la stabilité nationale » et « la réconciliation », avait également annoncé la présidence en mars.

Plus de 360 personnes ont perdu la vie, la majorité d’entre elles ayant été victimes de blessures par balles, dans ces violences qui ont secoué le pays lusophone, l’un des plus pauvres du monde, après l’élection présidentielle du 9 octobre, selon l’ONG locale Plataforma Decide.

Venancio Mondlane, qui revendique la victoire à la présidentielle, a mené des mois de contestation des résultats officiels qui ont donné la victoire au Frelimo, le parti au pouvoir depuis l’indépendance, en 1975.

Daniel Chapo, un ancien gouverneur provincial de 48 ans, avait été désigné candidat à la présidentielle par le Frelimo à la surprise générale, car sans aucune expérience gouvernementale, ni du parti au niveau central. Il est le premier président né après l’indépendance et également le premier à n’avoir pas combattu lors de la guerre civile (1975-1992) qui a fait un million de morts.

V. A.