La Belgique interprète désormais autrement la Transition en cours au Faso et promet

Afriquinfos Editeur
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Maxim Prévot et son équipe reçus par Ibrahim Traoré (DR-Sahel Brut)

Bruxelles (© 2026 Afriquinfos)-  Bruxelles entend bien poursuivre sa coopération avec Ouagadougou malgré leurs récentes tensions. C’est du moins ce que portent à croire les propos tenus par le Vice-Premier Ministre et Ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot. Ce dernier a défendu une coopération fondée sur le dialogue et l’écoute lors d’échanges avec les autorités burkinabè jeudi dernier.

Maxime Prévot vient d’effectuer une visite officielle de trois jours au Burkina Faso, avec un message centré sur le respect des choix de Ouagadougou. Au cours de cette visite qui s’est achevée le 28 août 2026, le Diplomate belge s’est entretenu avec son homologue Karamoko Jean Marie Traoré le 26 août, avant d’être reçu le lendemain par le Président Ibrahim Traoré.

Au cœur des échanges, figurait l’avenir du partenariat bilatéral entre les deux pays. À cette occasion, la partie belge a réaffirmé sa volonté de consolider une alliance empreinte de fraternité et d’« humilité », tout en soutenant le plan RELANCE 2026-2030 du Burkina Faso.

 Cette entrevue survient après de récentes tensions entre le Burkina Faso et l’Union européenne (UE). Fin juin 2026, l’ambassadeur de l’UE avait été convoqué suite aux critiques d’un eurodéputé contre les autorités de la transition, puis un mois plus tard, deux officiels européens ont été expulsés. Les discussions ont aussi abordé la dynamique de l’Alliance des États du Sahel (AES) ainsi que la coopération avec l’Union européenne.

’Nous ne venons pas dire au Burkina Faso ce qu’il doit faire, donner la leçon est souvent la meilleure manière d’ailleurs de ne pas obtenir de résultats. Nous venons au contraire dire que nous restons des partenaires pour favoriser la concrétisation des priorités identifiées par la présidence du Faso et l’autorité gouvernementale à travers notamment le plan de relance 2026- 2030. Nous apprécions particulièrement les accents qui sont mis sur les questions de santé, les questions d’éducation, sur le développement agroalimentaire’’, a déclaré Maxime Prévot.

Le Ministre belge a expliqué que son pays voulait ‘’continuer la coopération, pas la conditionner’’. Il a aussi indiqué que Bruxelles entendait travailler à partir des réalités présentées directement par les autorités burkinabè, plutôt que de s’appuyer uniquement sur les analyses produites depuis l’Europe.

Une visite sur un site agroécologique soutenu par la coopération belge a permis au Ministre de constater concrètement certains projets menés avec l’appui de Bruxelles.

‘’Si l’on ne parle qu’aux pays qui suivent le même modèle que nous, on devrait tourner le dos à 80 % de la population mondiale’’, observe-t-il jeudi, après s’être entretenu avec le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré. ‘’De plus, nous avons besoin de sécurité et de stabilité dans cette région, pour assurer la sécurité de l’Europe’’.

Cette position traduit une volonté belge de conserver un canal de dialogue avec Ouagadougou alors que les relations franco-burkinabè ont atteint un niveau de tension inédit.

Ce dialogue s’inscrit dans un contexte de reconfigurations stratégiques, le Burkina Faso affirmant sa souveraineté et réorientant ses partenariats internationaux autour de ses priorités nationales. Dans ce cadre, les échanges entre le Président Ibrahim Traoré et Maxime Prévot témoignent de l’engagement mutuel à préserver la concertation diplomatique, en vue de définir de nouvelles approches de coopération pour le développement.

Une coopération de plus de cinq décennies

La relation entre Bruxelles et Ouagadougou ne repose pas uniquement sur les échanges politiques actuels. La coopération belge avec le Burkina Faso existe depuis plus de cinq décennies et couvre des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation, l’environnement et le développement économique.

Après un coup d’Etat en 2022, le Burkina Faso a pris ses distances avec une grande partie du continent européen. Le partenaire historique, la France, a récemment retiré tous ses diplomates du pays, après la décision unilatérale des autorités locales de rompre les relations diplomatiques avec Paris.

Il ne reste entre-temps que quatre ambassades européennes au Burkina Faso, dont celle de la Belgique.

Pour Ouagadougou, cette démarche belge constitue un signal diplomatique différent dans un environnement marqué par la recomposition de ses partenariats extérieurs. Pour Bruxelles, elle permet de préserver une relation bilatérale avec un pays sahélien stratégique, malgré les tensions qui opposent actuellement le Burkina Faso à plusieurs capitales européennes.

Vignikpo Akpéné