M. Ban s'est exprimé ainsi dans un message radiophonique adressé au peuple de la RCA à un moment où la situation humanitaire dans ce pays d'Afrique en proie à des conflits se détériore, avec 450 personnes tuées dans la capitale Bangui et 159 000 autres chassés de leurs foyers à Bangui, pendant la semaine dernière seulement.
"Je demande aux autorités de transition de protéger les populations et de prévenir de nouveaux conflits. Et pour tous ceux qui voudraient commettre des atrocités ou des crimes contre l'humanité, j'ai un message clair : le monde vous observe et vous aurez à répondre de vos actes", a lancé M. Ban.
Selon lui, l'ONU est "résolue à aider votre pays à surmonter cette crise". "Vous n'êtes pas seuls et nous ne vous abandonnerons pas. Des troupes africaines et françaises sont déjà déployées sur le terrain", a-t-il indiqué, ajoutant que "d'autres contingents viendront bientôt les renforcer pour aider à rétablir l'ordre. Nous nous employons à fournir des vivres, des abris et des médicaments".
Les combats, qui secouent actuellement la capitale Bangui et d'autres villes de RCA comme Bossangoa, opposent des éléments de l'ex-Séléka et des "anti-balaka". Constituée en août 2012, la Séléka était une coalition de partis politiques et de forces rebelles opposés au président François Bozizé, qu'elle a contraint à quitter le pouvoir en avril 2013.
A l'origine des groupes d'autodéfense, les anti-balaka se sont ligués contre les miliciens de la Séléka, après les exactions commises par ces derniers à travers tout le pays. Ils sont issus d'une population centrafricaine à 80% chrétienne, alors que la Séléka est principalement composée de musulmans.
Pour sa part, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a qualifié de "difficile" la tâche à remplir en RCA. "Nous appelons de nouveau toutes les parties à ménager un accès à l'aide humanitaire pour les personnes déplacées et à protéger les civils", a indiqué un porte-parole du HCR lors d'une conférence de presse donnée vendredi à Genève.
De nombreuses informations font état de violences aveugles contre les civils, de recrutement d'enfants-soldats, de violences sexuelles à l'encontre des femmes, de pillages et de déprédations en tout genre.
Quelque 38.000 personnes se sont réfugiées à l'aéroport de Bangui, où il n'y a ni latrines, ni installations sanitaires, ni abris contre les intempéries. "Les conditions sur place et ailleurs se détériorent", a souligné le porte-parole du HCR.
Une indication supplémentaire des troubles qui secouent la RCA, c'est la hausse, au cours de la semaine écoulée, du nombre de réfugiés centrafricains dans les pays voisins. La République démocratique du Congo (RDC) a vu arriver près de 1.800 réfugiés principalement depuis Bangui. Avec ces nouveaux arrivants, on compte désormais environ 47.000 réfugiés centrafricains en RDC.
La République du Congo enregistre également de nouveaux arrivants et compte désormais plus de 10.500 ressortissants centrafricains. En tout, la crise en RCA a poussé cette année plus de 70.000 réfugiés à rejoindre des pays voisins.


