Jury d’appel & CAF: Des Présidents, ministres, et autres s’invitent dans le dossier Maroc-Sénégal

Les réactions se font toujours aussi vives suite à la décision du Jury d’Appel de la CAF de retirer le trophée de la CAN 2025 et de l’attribuer au Maroc.

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Jury d'appel & CAF: Des Présidents, ministres, et autres s'invitent dans le dossier Maroc-Sénégal
George Oppong Weah, ancien Président du Libéria et Ballon d'Or 1995 (DR, diamnews.com).

Dakar (© 2026 Afriquinfos)- Les réactions se font toujours aussi vives suite à la décision du Jury d’Appel de la CAF de retirer le trophée de la CAN 2025 et de l’attribuer au Maroc. Si les réseaux sociaux s’enflamment entre les fans du Maroc et du Sénégal, des personnalités au plus haut niveau du continent ont également réagi à cette décision inédite.

D’abord au Sénégal, la réaction du Gouvernement ne sait pas faite attendre suite à l’annonce du verdict du Jury d’Appel de la CAF. Le Président Bassirou Diomaye Faye a exprimé l’indignation du Sénégal suite à la décision du Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF). Lors du Conseil des ministres du 18 mars 2026, le Chef de l’État sénégalais a instruit le ministre des Sports et la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) de saisir en urgence le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Le gouvernement sénégalais a officiellement demandé une enquête internationale indépendante sur des soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF.

George Weah, ancien président libérien et unique Africain, Ballon d’Or mondial, a aussi réagi à la polémique.  Il estime qu’aucune décision prise après coup ne peut remettre en cause l’autorité de l’arbitre durant la rencontre. Selon l’ancien joueur du PSG, ce principe, appliqué par toutes les confédérations, ne laisse aucune place à une remise en cause du résultat après le coup de sifflet final.

«Le football doit se décider sur le terrain, et non être rejugé après le coup de sifflet final», a-t-il insisté, ajoutant qu’ « il n’y a aucune justification sportive à annuler un match qui s’est déroulé conformément à l’autorité de l’arbitre et aux Lois du Jeu». Pour «Mister George», cette décision de la CAF «ternit l’image du football africain» et «mine la confiance dans l’équité, la cohérence et l’intégrité du football sur le continent».

D’autres personnalités du continent ont donné de la voix sur la question et c’est l’indignation et l’incompréhension qui ressortent de leurs interventions. C’est le cas de Gilbert Bawara, ministre togolais chargé des Relations avec le Parlement et les Institutions: «Le football, puissant vecteur de cohésion sociale et de ferveur populaire à travers le continent africain, traverse aujourd’hui une période troublée. La récente décision du Jury d’appel de la CAF suscite incompréhension, indignation et un profond malaise», écrit le ministre sur son compte X. 

«Certains invoqueront le strict respect des textes et règlements. Pourtant, une règle ne saurait être dissociée de sa finalité: organiser la vie collective, préserver l’équilibre social et garantir l’intérêt général», rappelle le ministre. «Dès lors, des décisions qui engendrent un trouble profond au sein de la société ne peuvent se justifier uniquement par leur conformité formelle au droit», a rajouté Gilbert Bawara qui souhaite qu’une issue «apaisée et équitable» soit trouvée devant le TAS (Tribunal arbitral du sport).

Toujours du côté de Lomé, Dr Pierre Kossi Gbényo Lamadokou, ancien Secrétaire général de la Fédération togolaise de football fustige la décision du Jury d’Appel de la CAF et la qualifie de «décision inique», évoquant un jury d’appel «recomposé sur mesure pour la circonstance». Une situation qui, selon lui, traduit une dérive inquiétante dans la gouvernance de l’instance faîtière du football africain.

Pour l’ancien président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) et membre du Comité exécutif de la CAF, Augustin Senghor, le Jury d’appel s’est «substitué à l’arbitre de la finale en violation des lois du jeu».

«L’Afrique et le monde sauront reconnaître les véritables champions», a-t-il dit, estimant que «le Sénégal demeure le véritable vainqueur de cette CAN 2026». «Le Sénégal gardera son trophée, quoi qu’il arrive. Trop mal pour le football africain», a ajouté l’ancien président de la FSF.

Dans le même élan, Claude Le Roy, voix respectée du football africain, déplore le verdict de la CAF. «Depuis le début, certains voulaient absolument donner cette coupe au Maroc. Pourtant, même si le Maroc a réalisé une très belle CAN et méritait d’aller loin dans la compétition, en finale, c’est bien le Sénégal qui avait été le meilleur. Personne ne pouvait imaginer qu’on entendrait, deux mois plus tard, une telle décision». Pour l’ancien sélectionneur des Lions indomptables et du Togo, «jamais les Marocains ne pourront être sacrés Champions d’Afrique. Personne, nulle part sur le continent, personne, n’acceptera ça», a martelé le technicien français.

Boniface T.