Il y a 16 ans jour pour jour, l’Afrique se dotait d’une ‘Charte sur la sécurité et la sûreté maritimes’ à Lomé qui peine à être ratifiée…

Afriquinfos Editeur
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Sommet de Lomé sur la sécurité Maritime en 2016 (DR-Leral.net)

Addis-Abeba (© 2026 Afriquinfos)- Confrontés à une insécurité maritime qui freine le développement de leurs économies et menace leur stabilité, une quarantaine d’Etats africains adoptaient le 15 Octobre 2016 à Lomé au Togo la « Charte de Lomé sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique », une charte contraignante visant à renforcer leur coopération et à fluidifier un échange d’informations qui reste encore insuffisant.

Au total, 30 des 54 pays africains avaient adopté la charte de Lomé. Elle se voulait un cadre juridique de coopération et d’harmonisation des actions pour réprimer les actes de piraterie, les trafics illicites de tout genre par voie maritime et la pollution des eaux.

Mais ça n’avance pas pour la ratification de la Charte adoptée le 15 octobre 2016 à l’issue d’un sommet de l’Union africaine organisé dans la capitale togolaise. A ce jour du 15 octobre 2026, soit, exactement dix ans plus tard, seuls deux pays (le Togo et le Bénin), ont ratifié à ce jour la Charte de Lomé sur la sécurité maritime.

Cette rencontre des sommités africaines avait été dirigée par le Président en exercice de l’UA de l’époque, le Tchadien Idriss Deby Itno, aux côtés de ses pairs africains.

Les participants au sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) avaient signé ce texte qualifié « d’historique », trois ans après le sommet de Yaoundé qui s’était concentré sur les quelque 6.000 kilomètres de côtes du Golfe de Guinée, du Sénégal à l’Angola.

Le texte prévoyait notamment la création d’un fonds de sécurité et de sûreté maritimes et doit permettre de faciliter l’échange d’informations, parfois freiné par une méfiance réciproque ou par un manque d’équipements.

A l’heure où près de 90% du transport et 99% des liaisons internet passent par la mer, la question de la sécurisation maritime est un enjeu crucial.

En Afrique, si les actes de piraterie ont quasiment disparu dans le golfe d’Aden, sous l’effet notamment de l’opération européenne Atalante, la situation dans le Golfe de Guinée reste précaire.

Le nombre d’attaques de pirates accompagnées de prises d’otages reste fréquent et la pêche illégale entraîne un manque à gagner pour les pays de la région estimé à 350 millions d’euros chaque année.

V.A.