Ils sont 148 handicapés, dont 98 filles, sur un total de 232 jeunes pensionnaires au Centre Saint-Kizito, créé en 1965 par Mgr Michel Ntuyahaga, alors évêque du diocèse de Bujumbura. Un lieu unique où le handicap physique constitue une des conditions d’accès à l’internat. Première motivation des fondateurs du Centre : « permettre à l’enfant en situation de handicap physique de parvenir à un degré d’autonomie et d’intégration sociale le plus élevé possible ». Pour cela, le Centre Saint-Kizito, en plus de proposer un programme de kinésithérapie, dispose d’un service où l'on confectionne des prothèses, des corsets et d’orthèses, ainsi que la réfection des tricycles.
Comment finance-t-on donc tout cela ? Pour partie grâce au minerval : 85 000 Fbu (29 200 F CFA) par trimestre pour chaque enfant handicapé interne et 32 000 Fbu (11 000 F CFA) pour les externes. Selon sœur Anne-Marie Mushiranzigo, qui dirige le Centre « ces contributions sont minimes par rapport aux dépenses réelles ». Outre les moyens réduits Saint-Kizito doit faire à différentes sortes de problèmes : certains parents considèrent leurs enfants handicapés comme des êtres inutiles ; n’étant pas des fonctionnaires de l’Etat, les instituteurs du Centre ne profitent pas des programmes de remise à niveau ; l’inexistence de tricycles et de chaises roulantes sur le marché local et le manque de personnel technique qualifié complètent le tableau.
Résultat : l'école ne dispose en ce moment que de deux kinésithérapeutes assistants, formés à l’Institut Technique Médical de Goma, en République démocratique du Congo, d’un technicien issu de l’Institut Supérieur des Orthoprothésistes, de Lomé (Togo), et de trois assistants orthoprothésistes formés par Handicap International Belgique.
Dirigé naguère par des volontaires d’Action Bujumbura, une ONG suisse, le Centre est maintenant géré par la Congrégation des Sœurs Bene-Mukama. Il bénéficie d’un soutien du ministère de la Solidarité Nationale, des Droits de l’Homme et du Genre, qui règle les factures d’eau et d’électricité.



