"Compte tenu de la gravité des violations qui se poursuivent en toute impunité, la RCA pourrait devenir le théâtre de crimes atroces. Pour éviter le pire des scénarios, il faut prendre des mesures urgentes pour arrêter la violence et les responsables doivent répondre de leurs actes devant la justice", a déclaré le Conseiller spécial pour la prévention du génocide, Adama Dieng.
Présents à ses côtés, la représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, et Nancee Oku Bright, au nom de la Représentante spéciale sur la violence sexuelle dans les conflits, Zainab Hawa Bangura, se sont rendus la semaine dernière dans la capitale Bangui et à Bossangoa pour évaluer l'impact de la crise qui frappe le pays depuis la fin de 2012, ainsi que la situation sécuritaire, humanitaire et des droits humains. Ils s'y sont entretenus avec de nombreux responsables gouvernementaux, des représentants de la société civile et de la communauté humanitaire, des groupes de femmes, des victimes et des personnels de l'ONU.
Depuis quelques mois, la RCA, engagée dans une délicate transition politique sur fond de crise humanitaire aigue, est de nouveau secouée par des affrontements armés, cette fois-ci entre des éléments de l'ex-Séléka et des miliciens anti-balaka.
Constituée en août 2012, la Séléka était une coalition de partis politiques et de forces rebelles opposés au Président François Bozizé, qu'elle a contraint à quitter le pouvoir en avril 2013. À l'origine des groupes d'autodéfense, les anti-balaka se sont ligués contre les miliciens de la Séléka, après les exactions commises par ces derniers dans le pays. Ils sont issus d'une population centrafricaine à 80% chrétienne, alors que la Séléka est principalement formée de musulmans.
Depuis le début du mois de décembre, les violences interconfessionnelles se sont intensifiées dans un pays qui n'avait encore jamais connu de tels affrontements par le passé. Des atrocités commises par toutes les parties, y compris contr e des civils, ont été signalées par les médias et l'ONU, qui fait état de représailles et d'exécutions arbitraires, de recrutement d'enfants soldats, d'attaques contre des installations médicales et de viols.



