Haro sur banques locales

Afriquinfos Editeur
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« Des Agences des banques de la sous-région sont déjà sur place. Leurs personnels  descendent sur terrain pour expliquer à leurs clients leur méthode de travail et chercher de nouveaux clients. Vous Messieurs des banques locales, il faut adopter  d’autres méthodes de travail  en mettant en avant l’excellence et faciliter l’accès aux crédits avec des taux d’intérêts abordables. »

C’est, en ces termes, que le chef de l’Etat a invité les banques locales à être plus concurrentielles. Il a en même temps invité les Burundais à solliciter des crédits,  non pas pour gaspiller, mais pour investir, mener à terme des projets : « Il faut en profiter pour investir ».

Cet appel intervient au moment où cinq banques étrangères devenaient opérationnelles au Burundi : Ecobank, Diamond Trust Bank, du Kenya, Finbank (filiale de la banque nigériane ACCESS), Kenya Commercial Bank et  la CRDB Bank, de la Tanzanie.

La clientèle se plaint des pratiques bancaires, notamment dans l’octroi des crédits, les taux d’intérêts prohibitifs la sous-région de l’Afrique de l’Est (entre16 et 20%). « Ces taux ne favorisent pas les affaires », déplore Anatole Bigirimana, un commerçant du marché central de Bujumbura. Dans  ces conditions, beaucoup de commerçants renoncent à solliciter des crédits.

La langue et les hypothèques  viennent compliquer la situation. Ildefonse Ciza, un autre homme d’affaire, signale que tous les documents écrits sont en français,  alors que certains commerçants ne maîtrisent pas la langue de Molière. Il ajoute que seule une minorité de privilégiés sont capables de présenter des hypothèques valables : maisons, parcelles, etc. A défaut il faut un avaliseur connu déjà par la banque.

Notons qu’au Burundi, il n’existe pas de banques de crédits agricoles,  alors que c’est le secteur clé du pays.