Guinée-Bissau: Général Denis N’Canha, nouveau patron du pays jusqu’à quand?

Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé ce 26 novembre avoir pris le "contrôle total du pays" et suspendre le processus électoral.

Afriquinfos Editeur
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Le général Denis N'Canha (c), chef de la maison militaire de la Présidence, lors d'une conférence de presse au siège de l'état-major, le 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau.
Le général Denis N'Canha (c), chef de la maison militaire de la Présidence, lors d'une conférence de presse au siège de l'état-major, le 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau.

Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé ce 26 novembre avoir pris le « contrôle total du pays » et suspendre le processus électoral, alors que ce pays coutumier des troubles politiques était dans l’attente des résultats des élections présidentielle et législatives organisées ce 23 novembre.

A la mi-journée, des tirs avaient été entendus près du Palais présidentiel et des hommes en tenues militaires prenaient possession de la principale artère menant vers le Palais, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest qui a déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance vis-à-vis du Portugal en 1975.

En début d’après-midi ce 26 novembre, le général Denis N’Canha, Chef de la maison militaire de la Présidence, assis derrière une table et entouré de militaires armés, a annoncé à la presse au siège de l’état-major, qu’un « Haut commandement pour la restauration de l’ordre, composé de toutes les branches de l’Armée » prenait « la direction du pays jusqu’à nouvel ordre« , ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. 

« Ce qui nous a poussé à le faire, c’est pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre« , a ajouté le général, évoquant la découverte par les « Renseignements généraux d’un plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue« . Les Renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel« , a-t-il ajouté. Cet énième putsch intervient au moment où le pays attendait de la part de la CNE (Commission nationale des élections) ce 27 novembre la proclamation des chiffres provisoires des législatives et de la présidentielle du 23 novembre. Des scrutins qui se sont déroulés globalement dans la sérénité, selon maints observateurs.

L’Afrique de l’Ouest a connu depuis 2020 une série de coups d’Etat militaires au Mali, Burkina, Niger, ou encore en Guinée.

© Afriquinfos & Agence France-Presse