ONU : De graves violations des droits de l’homme persistent en République centrafricaine

Afriquinfos Editeur
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Selon ses conclusions préliminaires formulées par une équipe de quatre personnes déployée en RCA du 12 au 24 décembre, bien que le nombre de heurts semble avoir légèrement diminué au cours des derniers jours, environ 40 personnes ont été tuées depuis vendredi à Bangui et plusieurs cas d' enlèvements, de mutilations et de pillages à grande échelle ont aussi eu lieu ce week-end.
Les conclusions mettent en lumière un cycle de violations généralisées des droits de l’homme et de représailles, parmi lesquelles des exécutions extrajudiciaires, des violences sexuelles, des mutilations, des disparitions forcées, des mauvais traitements, des viols et des attaques délibérées contre des civils en raison de leur religion.

Le 11 janvier, dans la ville de Bozum, des anti-Balaka auraient attaqué un convoi de civils musulmans, faisant plusieurs morts et blessés, pour se venger d’attaques précédentes, y compris du meurtre de dix personnes et de l’incendie de centaines de maisons par des ex-Séléka. Le 8 janvier, des anti-Balaka auraient aussi attaqué le village de Boyali, faisant au moins dix morts parmi les civils musulmans. Des ex-Séléka auraient, par représailles, brûlé des centaines de maisons appartenant à des Chrétiens dans ce même village.
"En dépit d’importants efforts pour la réconciliation à Bangui, la situation demeure extrêmement instable et dangereuse. Sans une intervention sérieuse, d’autres attaques, y compris des atrocités à grande échelle telles que celles qui se sont déroulées le 5 décembre, pourraient bien se reproduire", a souligné la Haut-Commissaire Navi Pillay.

Toutefois, elle a dissuadé les nouvelles autorités de recourir à une politique de " tirer pour tuer", en précisant qu' "il est essentiel que la réponse du gouvernement ne viole pas le droit international relatif aux droits de l'homme".

Les conclusions préliminaires suggèrent que le déploiement des troupes françaises et le renforcement des forces africaines de maintien de la paix, ainsi que le cantonnement consécutif de combattants ex-Séléka ont, dans une certaine mesure, empêché d’autres attaques à grande échelle par des ex-Séléka contre des anti-Balaka et des civils chrétiens.

Mme Pillay donnera un compte-rendu complet des conclusions de son équipe, ainsi qu’une mise à jour de la situation des droits de l’homme lors de la session spéciale organisée par le Conseil des droits de l’homme qui se déroulera à Genève le 20 janvier.