La grasse matinée ou les travaux d’intérêt public?

Afriquinfos Editeur
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Lors d’une récente visite, le président somalien a fait le coup de pelle avec son homologue burundais, Pierre Nkurunziza, sur le chantier du stade de Buganda, dans la commune Cibitoke, au nord-ouest. Ils ont été imités par des hommes d'affaires, des militaires et des élus locaux, venus souligner leur attachement à l'initiative du chef de l’Etat.

Nkurunziza a initié ces travaux au début de son premier mandat, en 2005. Les réactions d'hostilité ont tout de suite fusé. Certains l’ont accusé de plagier le Rwanda voisin, où les travaux du même type sont obligatoires une fois par mois (ils sont hebdomadaires au Burundi). L’opposition lui reproche, de façon récurrente, de vouloir embrigader la population pour des raisons bassement électoralistes. Les mêmes dénoncent le fait que ces travaux ne soient pas réglementés, en dépit des promesses gouvernementales, début 2011. Les opposants font état de manque à gagner pour les commerçants, les ménages urbains faisant généralement le marché le samedi, jour férié. Certains habitants de Bujumbura tournent la manifestation en dérision.

De son côté, Nkurunziza, persiste avec ses descentes du samedi matin sur le terrain, avec le gouvernement au grand complet. Elles lui permettent de conforter, chaque semaine, l'image inédite d'un président en phase avec la population et qui n’hésite pas à mouiller la chemise.

Sept ans après, la communication présidentielle égrène les résultats supposés à mettre à l’actif des travaux communautaires : 2500 écoles construites à travers tout le pays, sans assistance extérieure, et, bientôt, 50 ouvrages dits du Cinquantenaire de l'indépendance qui seront inaugurés à compter de juillet. Parmi ceux-ci, le stade de Buganda dont le coût est évalué à 2 milliards de Fbu (près de 1,5 million de dollars), réunis grâce à une souscription populaire, l'hôpital de Karusi, des centres de santé ou encore le marché de Gishubi…