Grands traits de la première Française à diriger l’Institut du monde arabe

Sur proposition de l’État français, Anne-Claire Legendre a été désignée membre du Conseil d’administration et élue à l’unanimité Présidente de l’Institut du monde arabe. Elle devient la première femme à présider l’IMA.

Afriquinfos Editeur
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Grands traits de la première Française à diriger l'Institut du monde arabe
Anne-Claire Legendre (photo, DR).

Paris (© 2026 Afriquinfos)- L’Institut du monde arabe (IMA), a à sa tête un nouveau visage. Il s’agit de celui d’Anne-Claire Legendre, nommée lors d’un Conseil d’administration exceptionnel ce 17 février 2026. La diplomate chevronnée dont l’expertise sur le Maghreb et le Moyen-Orient est unanimement louée, succède ainsi à Jack Lang.

Sur proposition de l’État français, Anne-Claire Legendre a été désignée membre du Conseil d’administration et élue à l’unanimité Présidente de l’Institut du monde arabe. Elle devient la première femme à présider l’IMA.

Diplomate de carrière, Anne-Claire Legendre débute à  l’Ambassade de France au Yémen (2005-2006), avant de  rejoindre le ministère des Affaires étrangères, où elle travaille successivement sur la coopération consulaire européenne puis sur les relations bilatérales entre la France et l’Algérie.

De 2010 à 2013, elle est en poste à la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York, en charge notamment des dossiers relatifs au Moyen-Orient au Conseil de sécurité. Elle rejoint ensuite le cabinet de Laurent  Fabius comme conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient. Nommée Consule générale de France à New York en 2016, puis Ambassadrice de France auprès de l’État du Koweït en 2020, elle devient en 2021 Porte-parole et Directrice de la communication du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. De décembre 2023 à février 2026, elle était conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient du Président de la République.

À l’approche du 40e anniversaire de l’IMA, sa présidence aura pour priorité la mise en œuvre d’une réforme ambitieuse : modernisation de la gouvernance, organisation plus lisible et efficace, rétablissement d’une trajectoire financière soutenable et renforcement des règles de déontologie.

L’Institut du monde arabe entend ainsi poursuivre son développement et affirmer son rôle singulier au service  du dialogue entre la France, l’Europe et les sociétés du monde  arabe contemporain.

La première femme à diriger l’IMA

Cette conseillère du président Emmanuel Macron chargée de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient depuis fin 2023 devient, à 46 ans, la première femme à diriger l’IMA, après un vote à l’unanimité des 14 membres – dont 7 représentants de pays arabes – du conseil d’administration de l’IMA.

Elle est « compétente, substantielle et engagée avec une connaissance aiguë de chaque pays qui compose le monde arabe, que ce soit le Maghreb ou le Moyen-Orient », souligne auprès de l’AFP un ambassadeur siégeant au conseil d’administration.

Originaire de Bretagne, cette quadragénaire reconnaissable à ses cheveux blonds coupés courts parle l’arabe avec aisance, qu’elle a notamment appris à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).

Elle est également diplômée de Sciences Po Paris et de la Sorbonne (Lettres modernes). Après avoir occupé diverses fonctions au Quai d’Orsay – qui contribue pour moitié (12,3 millions d’euros) au budget de l’IMA – elle était déjà devenue la première et plus jeune femme Consul de France à New York, en 2016, où elle restera quatre ans.

En 2020, elle devient ambassadrice au Koweït, avant d’être rappelée à Paris à peine un an plus tard, pour incarner le porte-parolat du ministère des Affaires étrangères. Au Quai d’Orsay, certains lui reprochent parfois sa froideur, qui contraste avec le ton de ses conférences de presse hebdomadaires où elle se montre particulièrement à l’aise, maniant les éléments de langage sans jamais sortir du cadre imposé.

La diplomate contribue à rendre visible la fonction de porte-parole du ministère en multipliant les interventions à la télévision et sur les radios pour expliquer la position de la France sur les principaux dossiers du moment, en particulier la guerre en Ukraine et l’activisme des mercenaires du groupe russe Wagner en Afrique.

En décembre 2023, Anne-Claire Legendre devient Conseillère Afrique du nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de l’Elysée, sous la responsabilité de l’indéboulonnable Emmanuel Bonne qui l’a cooptée en pleine recrudescence du conflit israélo-palestinien.

Au-delà du délicat dossier israélo-palestinien, Anne-Claire Legendre est aussi celle qu’on envoie volontiers pour déminer les terrains les plus difficiles, avec plus ou moins de succès. Elle se rend ainsi à Alger en mars 2025 pour rencontrer le Président algérien Abdelmadjid Tebboune pour tenter d’apaiser les relations entre la France et l’Algérie, avant que les deux pays ne retombent dans la crise.

Au Liban, elle pousse pour la fin de la guerre entre le Hezbollah et Israël. Un accord est arraché en novembre 2024, en vertu duquel la France fait partie du mécanisme de surveillance de cessez-le-feu auprès des Américains.

V. A.