Maître Ayssata Coulibaly-Diabi : la Sénoufo-Baoulé qui donne rendez-vous à la diaspora ivoirienne, le 23 août à New York

AfriquinfosCom
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Maître Ayssata Coulibaly-Diabi
Maître Ayssata Coulibaly-Diabi

Avocate, femme de conviction et héritière d’une double culture sénoufo-baoulé, Maître Ayssata Coulibaly-Diabi a construit son parcours entre excellence, transmission et engagement. À l’origine de l’initiative « Les Femmes pour le PND 2026-2030 », elle veut aujourd’hui faire de la diaspora féminine une force économique et humaine au service de la Côte d’Ivoire. Le 23 août à New York, cette ambition prendra une dimension nouvelle.

Lorsqu’on lui demande de se présenter, elle ne commence ni par son titre d’avocate, ni par ses diplômes. Elle répond simplement : « Je suis une Sénoufo-Baoulé. » Une phrase courte, mais qui dit beaucoup. Deux héritages, deux terres, deux mémoires réunis en une personnalité qui a fait de la diversité de ses racines une force.

Née et élevée à Bouaké, elle grandit dans une famille où le savoir et la responsabilité occupent une place essentielle. Son père, ingénieur agronome et ancien directeur général de l’Autorité pour la Vallée du Bandama, disparaît alors qu’elle n’a que deux mois. Il lui laisse pourtant un héritage singulier : une immense bibliothèque familiale de plus d’un millier de livres, qui nourrira très tôt son goût de la lecture et de la connaissance.

Sa mère lui transmettra, elle, la force intérieure. Femme courageuse et aimante, elle élève ses enfants avec dignité et leur inculque le travail, la résilience, le partage, le sens de la famille et la foi en Dieu.

La jeune Ayssata se distingue rapidement par ses capacités. Elle passe directement du CE2 au CM2 et obtient son baccalauréat à quinze ans. À vingt et un ans, elle décroche son DESS ; à vingt-cinq ans, le Certificat d’aptitude à la profession d’avocat.

Pourtant, cette précocité ne l’a jamais éloignée de l’humilité. Elle cite ses enseignants, ses mentors et tous ceux qui ont contribué à construire son parcours. Chez elle, l’excellence n’est jamais une fin en soi. Elle est une responsabilité.

C’est cette conception qui donne aujourd’hui tout son sens à son nouvel engagement.

La genèse de « Les Femmes pour le PND 2026-2030 » remonte à une suggestion du Vice-Premier Ministre, lors d’un Conseil régional du Tchologo. Les cadres de la région sont invités à réfléchir aux moyens de contribuer davantage au développement de la Côte d’Ivoire et d’apporter des solutions utiles aux populations.

Ayssata Coulibaly-Diabi reçoit cette interpellation comme une mission.

Elle se pose alors une question : comment aider le plus grand nombre en faisant ce qu’elle sait le mieux faire ?

La réponse lui vient naturellement : les levées de fonds.

Au même moment, elle travaille à vulgariser le PND 2026-2030 auprès de la diaspora ivoirienne, dont elle est elle-même issue après avoir vécu plusieurs années aux États-Unis. Deux préoccupations vont alors se rejoindre : mobiliser les ressources et mobiliser la diaspora.

L’idée de réunir les femmes autour du PND était née.

Maître Ayssata Coulibaly-Diabi

23 AOÛT : NEW YORK, NOUVELLE ÉTAPE

Le 23 août, à Manhattan, au 500 West 181st Street, cette vision prendra corps devant la diaspora ivoirienne des États-Unis et du Canada.

Investissement, entrepreneuriat, immobilier, financement, transmission des compétences : il s’agira de réfléchir à la manière de transformer la présence des femmes ivoiriennes à l’étranger en véritable levier de développement.

La réflexion autour d’un Fonds d’investissement des femmes de la diaspora pourrait donner à cette ambition une dimension concrète et collective.

Car pour Maître Ayssata Coulibaly-Diabi, la diaspora ne représente pas seulement des capitaux. Elle possède une richesse plus vaste : des compétences, des réseaux, des expériences internationales, des idées et une capacité à créer des passerelles.

Son initiative bénéficie d’ailleurs de relais institutionnels et financiers, notamment du soutien du Ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, ainsi que de l’accompagnement d’acteurs du secteur financier.

Mais derrière les institutions, les financements et les projets, il y a une femme.

Une femme de droit qui croit à la force de la parole. Une femme de foi qui croit à la transmission. Une femme profondément attachée à ses racines qui refuse de confondre réussite et individualisme.

Le 23 août à New York, Maître Ayssata Coulibaly-Diabi ne viendra donc pas seulement parler du PND. Elle viendra porter une conviction : les femmes de la diaspora peuvent devenir des bâtisseuses du destin ivoirien.

De Bouaké à New York, son histoire aura finalement suivi une même ligne : recevoir, apprendre, réussir… puis transmettre.

Deux terres. Deux mémoires. Une femme. Et une ambition désormais tournée vers toute une nation.

ALEX KIPRE
Ecrivain, éditeur, jounaliste