« Malgré plusieurs tentatives infructueuses, nous restons en ordre de bataille pour faire des ressources extractives des revenus utiles à l'amélioration des conditions de vie de nos populations et conduire le Cameroun vers le rang de pays conforme en 2013 », a déclaré Alamine Ousmane Mey, qui préside par ailleurs le Comité de suivi de la mise en oeuvre de l'ITIE.
« Il nous revient d'aller plus loin dans les réformes. Et, au vu des réalisations antérieures, le Cameroun, engagé totalement sur le plan politique, au niveau exécutif comme au niveau législatif, est en train de se pourvoir pour présenter des informations qui correspondent aux exigences de l'ITIE », a-t-il ajouté.
« Nous avons noté des progrès intéressants et encourageants. Nous sommes également satisfaits de l'engagement politique que le Premier ministre et le ministre des Finances se portent garants pour apporter la transparence dans la gestion des ressources minières», a indiqué Jonas Moberg, expert de nationalité suédoise à la tête du Secrétariat international de l'ITIE depuis 2007.
Alors qu'il a adhéré à l'ITIE en 2005, le Cameroun peine à se hisser au rang de pays conforme. Candidat depuis 2007, il a raté par trois fois son admission à ce stade. A cause des déclarations et des rapports de conciliation qui n'ont pas recueilli l'adhésion des membres du Conseil d'administration de l'ITIE.
Le pays court le risque de se voir radier de l'Initiative si rien n'est fait à l'horizon 2013. Une telle hypothèse entrainerait alors, soulignent certains économistes, une perte de confiance des bailleurs de fonds internationaux qui comptent parmi les soutiens de poids de l'ITIE.
C'est pourquoi, tirant les leçons de ces échecs, le Cameroun a adopté le 11 mai, un plan triennal 2012-2014 devant lui permettre d'accéder au statut de pays conforme avant la date butoir du 13 août 2013.
Ce plan d'action met l'accent sur le renforcement des capacités des membres du Comité et le renforcement de la sensibilisation et de la communication.
De même, le gouvernement, qui s'attèle en ce moment au recrutement d'un expert international dont on espère que les conclusions pèseront lors de la prochaine validation, compte également sur l'engagement de la Société civile.
Une démarche similaire a été engagée auprès des industries extractives et se poursuit afin notamment de garantir leur participation satisfaisante aux conciliations futures.
L'ITIE est une coalition de 36 pays, d'entreprises, de groupes venant de la société civile, d'investisseurs et d'organisations, qui veillent à une meilleure gouvernance dans les pays riches en ressources à travers la vérification et la publication complète des paiements effectués par les entreprises et des revenus perçus par les gouvernements provenant du pétrole, du gaz et des minerais.
Les avantages pour les pays mettant en oeuvre comprennent un meilleur climat d'investissement grâce à un signal clair aux investisseurs et institutions financières internationales indiquant que le gouvernement s'engage à plus de transparence.
L'ITIE contribue également à promouvoir une plus grande stabilité économique et politique. Cela peut à son tour contribuer à la prévention des conflits trouvant leur source dans les secteurs pétrolier, minier et gazier.


