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Gabon: un rapport de la Francophonie met en cause la présidentielle d’Août 2016

Gabon:  un rapport de la Francophonie met en cause la présidentielle d’Août 2016

Libreville (© Afriquinfos 2017)- La transparence des élections du 27 août 2017 dernier a été mis en cause dans un rapport de la mission de l’Union européenne. Présente sur les lieux avant et pendant le scrutin, la mission de l’UE avait demandé un recomptage des voix dans la province du Haut-Ogooué. Vient à présent s’ajouter le rapport de la mission de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le document de la mission de la Francophonie, en possession de nos confrères de RFI, développe ce qui a été fait en amont du scrutin et pendant le scrutin du 27 août 2016.

L’essentiel du document tient en quelques pages, il s’agit des constats. Ainsi, la compétence des organes de gestion du processus électoral ne peut être remis en cause, mais l’OIF pointe que les nombreux manquements observés dans l’organisation du vote dénotent un défaut de formation caractérisé des agents électoraux.

Sur les recours, la mission relève l’absence de confiance des candidats dans la machine judiciaire, incapable d’un traitement équitable. « Une confiance très faible, voire inexistante. »

Concernant le traitement médiatique, le rapport pointe qu’une fois les résultats provisoires prononcés, le 31 août, la balance de la couverture médiatique a penché en faveur d’Ali Bongo. Et qu’internet a été fortement perturbé.

L’OIF « doute » des résultats

Enfin, sur le résultat de la présidentielle, la Francophonie fait ce rappel : Bruxelles et d’autres partenaires du Gabon ont demandé un recomptage des voix. Plus important, le document, validé par Michaëlle Jean, constate que la Cour constitutionnelle a annulé les résultats de 21 bureaux de vote dans l’Estuaire, soit 10 000 voix, sur demande formulée par Ali Bongo. Et que la Cour a rejeté la demande de Jean Ping d’annulation des résultats dans le Haut-Ogooué, « au cœur du contentieux ».

« Cette différence de traitement entre les résultats du Haut-Ogooué et ceux de l’Estuaire n’a pas permis de lever tous les doutes sur la sincérité des résultats tels qu’issus des urnes », souligne le document. C’est la phrase que l’on retient de ce rapport : le « doute » de la Francophonie sur la sincérité des résultats. Et en cela l’OIF rejoint les conclusions de l’Union européenne, mais aussi de l’Union africaine qui avait, elle aussi, fait part de ses « doutes » dans un rapport paru en novembre dernier.

Toutefois, l’élection d’Ali Bongo a été validée par la Cour constitutionnelle dans la nuit du 23 au 24 septembre. Une décision qui a été vivement contestée par l’opposant Jean Ping.

Innocente Nice