Libreville (© 2026 Afriquinfos)- Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé à la formation d’un nouveau gouvernement composé de 31 ministres. C’est depuis Koulamoutou dans l’ogooué Lolo (G7), que la Secrétaire générale de la Présidence de la République, Murielle Minkoué Mézui Mintsa Mi-Owono, a rendu publique ce jeudi 1er janvier la déclaration officielle des membres du gouvernement par décret présidentiel, marquant une étape majeure dans la mise en œuvre de l’action de l’État pour l’année à venir.
L’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze a avant la formation de ce nouvel exécutif publié, le 29 décembre 2025, une tribune au ton grave et structuré. Dans un texte titré «Trêve de paroles, des actes !»», il appelle l’État à rompre avec l’approximation, le silence et les slogans, pour assumer pleinement sa responsabilité première: protéger les populations et garantir l’État de droit.
La succession de drames récents a ravivé un sentiment de vulnérabilité au sein de la population gabonaise. Disparitions d’enfants, assassinats, corps retrouvés dans des circonstances troublantes. Face à cette situation macrabre, le président Oligui Nguema a certes annoncé, le 29 décembre en Conseil des ministres, une reforme pénale d’urgence pour durcir les sanctions. Mais pour Bilie-By-Nze, les annonces ne suffisent plus, ces faits ne peuvent plus être traités comme une simple série noire. Après avoir exprimé ses pensées ‘’aux familles endeuillées, aux parents meurtris’’, il précise que son propos ‘’n’est ni polémique ni partisan’’, mais procède d’un devoir de lucidité. ‘’Le soutien aveugle est ce qu’il y a de plus dangereux dans la gestion de l’État’’, écrit-il, car il ‘’affaiblit l’action publique et finit toujours par desservir ceux qu’il prétend protéger’’.
Au cœur de la tribune, une interrogation frontale s’impose: ‘’Comment un pays dirigé par des militaires, arrivés au pouvoir au nom de la rupture et du rétablissement de l’autorité, peut-il donner le sentiment d’être autant en proie au crime?’’ Pour l’ancien chef du gouvernement, la question est moins morale que politique. Un pouvoir qui revendique l’ordre est évalué sur ses résultats concrets.
Bilie-By-Nze insiste sur les effets délétères du silence institutionnel. ‘’Une journée sans information crédible est un boulevard ouvert à toutes les hypothèses’’, écrit-il, rappelant que ‘’quand l’État tarde à parler, d’autres parlent à sa place’’. Dans ce vide prospèrent rumeurs et peurs, jusqu’à fragiliser le lien de confiance entre les citoyens et les institutions. ‘’Pas la sécurité des cortèges ni celle des palais’’, précise-t-il, ‘’mais celle des familles, des mères, des enfants’’ doit être le critère central de l’action publique.
La tribune met également en lumière une dérive préoccupante: l’atteinte au principe de présomption d’innocence. Bilie-By-Nze critique l’usage, au sommet de l’État, de l’expression ‘’présumés coupables’’, qu’il juge juridiquement infondée et politiquement dangereuse. ‘’Cette approximation n’est pas anodine’’, prévient-il, car elle exerce une pression sur l’autorité́ judiciaire et affaiblit la crédibilité de la justice.
À ce risque s’ajoute celui de la justice populaire. ‘’La précipitation dans la désignation des coupables expose la société à des violences irréversibles’’, rappelle-t-il, soulignant que ‘’la justice protège aussi les citoyens contre l’erreur et la vengeance’’. Pour l’ancien Premier ministre, seule une procédure rigoureuse, indépendante et transparente peut empêcher que la douleur légitime ne se transforme en injustice.
En conclusion, Bilie-By-Nze dresse un constat sévère mais structurant: ‘’La rupture proclamée ne suffit pas, il faut des résultats mesurables.’’. Prévention, enquêtes visibles, sanctions en cas de défaillance et communication responsable constituent, selon lui, le socle minimal d’un État crédible. Et de conclure, comme un avertissement adressé au pouvoir: ‘’Un pays où les enfants disparaissent est un pays où l’avenir est pris en otage’’.
Fin de la transition
Avec ce nouveau gouvernement, le dirigeant acte définitivement la fin de la transition au Gabon. Le président élu le 25 avril 2025 après le coup d’Etat du 30 août 2023 a pris trois décrets présidentiels ce 1er janvier 2026 pour réorganiser l’architecture institutionnelle et mettre en place un nouveau gouvernement dans le pays.
Ce qui porté désormais l’effectif du gouvernement à 31 ministres, soit un de plus que dans la précédente configuration. Le nouveau gouvernement se compose de 10 femmes et 21 hommes, avec un accent particulier mis sur la continuité relative dans la représentation et l’entrée de nouveaux profils.
Hermann Immongault nommé vice-président
La promotion d’Hermann Immongault constitue l’un des changements les plus marquants. Jusqu’ici ministre de l’Intérieur, il a été l’un des principaux artisans de l’organisation des différentes consultations électorales durant la période de transition. Son accession à la vice-présidence du gouvernement est perçue comme une reconnaissance de son rôle dans la conduite du processus électoral.
Parallèlement, plusieurs nouveaux visages font leur entrée à des postes clés. Clotaire Kondja prend les rênes du ministère du Pétrole et du Gaz, un secteur vital pour l’économie gabonaise. Thierry Minko hérite d’un vaste portefeuille regroupant l’Économie, les Finances, la Dette et les Participations. Aux Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbéneny, ancienne ambassadrice du Gabon en France et ex-cheffe du protocole d’État, fait son retour au premier plan.
Si des ajustements sont opérés dans ce nouveau gouvernement, la continuité reste également de mise. Plusieurs piliers de l’entourage présidentiel conservent leurs fonctions.
Le nouveau gouvernement
Vice-Président de la République Hugues Alexandre BARRO CHAMBRIER
Vice-Président du Gouvernement
Hermann IMMONGAULT
MINISTRES D’ETAT
Ministre d‘Etat, Ministre des Transports, de la Marine Marchande, Chargé de la Logistique
Ulrich MANFOUMBI MANFOUMBI
Ministre d’Etat, Ministre de la Défense Nationale
Brigitte ONKANOWA
Ministre d‘Etat, Ministre de l’Education Nationale et de l’Instruction Civique
Camelia NTOUTOUME épse LECLERCQ
MINISTRES
Ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Energie
Philippe TONANGOYE
Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation
Adrien NGUEMA MBA
Ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre
Mays Lloyd MOUISSI
Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, Chargé de l’Intégration et de la Diaspora
Marie-Edith TASSYLA-YE-DOUMBENENY
Ministre de l’Economie Numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation
Mark Alexandre DOUMBA
Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé des Droits Humains
Augustin EMANE
Ministre de la Planification et de la Prospective
Louise Pierrette MVONO
Ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions
Jean-François NDONG OBIANG
Ministre du Pétrole et du Gaz
Clotaire KONDJA
Ministre de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère
Thierry MINKO
Ministre des Mines et des Ressources Géologiques
Sosthène NGUEMA NGUEMA
Ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Economie Bleue
Aimé Martial MASSAMBA
Ministre des Travaux Publics et de la Construction
Edgard MOUKOUMBI
Ministre de l’Industrie et de la Transformation Locale
Lubin NTOUTOUME
Ministre de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacités
Laurence MENGUE ME NZOGHE épse NDONG
Ministre du Travail, du Plein Emploi, du Dialogue Social et de la Formation Professionnelle
Jacqueline ILOGUE épse BIGNOUMBA
Ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune
Maurice ALLOGHO NTOSSUI
Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Porte-Parole du Gouvernement
Charles Edgard MOMBO
Ministre de la Santé
Elza AYO épse BIVIGOU
Ministre des Affaires Sociales, chargé de la Protection de l’Enfance et de la Femme
Armande Longo épse MOULENGUI
Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement Rural
Pacôme KOSSY
Ministre du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes
Zenaba GNINGA CHANING
Ministre du Tourisme Durable et de l’Artisanat
Marcelle IBINGA épse ITSITSA
Ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement Culturel et des Arts, chargé de la Vie Associative
Paul Ulrich KESSANY
Ministre de la Communications et des Médias
Germain BIHADJOW
MINISTRE DELEGUE
Ministre délégué auprès du Ministre de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé du Budget
V.A.



