Libreville (© 2025 Afriquinfos)- Après 8 jours d’un procès meublé par des révélations financières qui ont fait froid dans le dos de plusieurs citoyens gabonais, la Cour criminelle spécialisée a rendu son verdict dans l’affaire des 10 co-accusés des Bongo au petit matin de ce 18 novembre.
Au 7è jour de ce long procès par ses horaires, les dix co-accusés ont adopté une posture de contrition en prenant pour une dernière fois la parole, après les plaidoiries de la défense. Ces co-accusés ont présenté «leurs excuses au peuple gabonais» ouvertement ou subrepticement en fin de journée ce 17 novembre dans une salle de la Cour d’appel de Libreville bondée.
La défense a insisté pour la remise en liberté des accusés Gisèle Yolande Mombo, Steve Ndegho Dieko, et Ian Ngoulou pour insuffisance de preuves.
Dans son arrêt au petit matin de ce 18 novembre, la Cour criminelle spécialisée a établi que plusieurs des co-accusés se sont «retrouvés avec des fonds publics sans les justifier, alors qu’ils provenaient du Trésor public». Le «crime de détournement», selon cette Cour, est établi pour certains accusés qui connaissaient le «mécanisme de décaissement des fonds publics» et ont participé à des chaines de recel.
Les griefs de «concussion, le délit de destruction de données professionnelles, de trouble d’un collège électoral, d’immixtion non officielle dans des fonctions, de blanchiment de capitaux (avec des investissements dans divers biens meubles et non-meubles), d’association de malfaiteurs, de recel de capitaux» ont également été établis par la même instance judiciaire pour plusieurs accusés ce 18 novembre.
La confiscation de biens mobiliers et immeubles de certains prévenus a ainsi été décidée au regard des préjudices essuyés par l’Etat gabonais, ainsi que des réparations hétéroclites à faire au même Etat. «15 ans de réclusion criminelle» ont été décidés à l’encontre de plusieurs accusés, certains ont écopé de «peines avec sursis», en application du Code pénal et du Code de procédure pénale de ce pays d’Afrique centrale. Les accusés disposent de 5 jours francs pour se pourvoir en cassation au terme du rendu de l’arrêt de ce 18 novembre.
«La Cour a pris ses responsabilités face aux infractions jugées», a résumé le président de l’instance après avoir vidé son arrêt vers 6HTU.
Un procès, une constante
Tout au long de leurs diverses sorties, les avocats de la défense ont déploré le fait que l’enquête judiciaire n’a pas permis ou cherché à écouter l’ex-Président Ali Bongo Ondimba lui-même autour des décaissements des grosses sommes d’argent citées dans le cadre de ce procès.
La défense a aussi regretté le fait que le parquet ait essentiellement enclenché ses enquêtes sous le coup de l’émotion et les a fondées sur une kyrielle de rumeurs ou spéculations. Le Procureur général près la Cour d’appel de Libreville, Dr Eddy Minang, avait pour sa part requis la fermeté à l’égard des 10 co-accusés ce 17 novembre.
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