Gabon: Les Bongo assument dorénavant une cavale judiciaire face aux faits à eux reprochés

L'ancienne Première Dame et le fils du Président renversé en aout 2023 Ali Bongo ne retourneront pas au Gabon pour leur procès prévu à Libreville le 10 novembre prochain.

Afriquinfos Editeur
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Image prise et diffusée par la Présidence angolaise le 16 mai 2025, montrant l'ex-Président gabonais Ali Bongo Ondimba (au centre) marchant vers un véhicule après être descendu d'un avion sur un aéroport de Luanda, en Angola.
Image prise et diffusée par la Présidence angolaise le 16 mai 2025, montrant l'ex-Président gabonais Ali Bongo Ondimba (au centre) marchant vers un véhicule après être descendu d'un avion sur un aéroport de Luanda, en Angola.

L’ancienne Première Dame et le fils du Président renversé en aout 2023 Ali Bongo ne retourneront pas au Gabon pour leur procès prévu à Libreville le 10 novembre prochain pour « détournement de fonds publics, a affirmé ce 22 octobre leur avocat qui dénonce un « spectacle populiste« . 

Le Président Ali Bongo et son épouse Sylvia Bongo assistent au défilé de la fête nationale à Libreville, le 17 août 2019 au Gabon (AFP).
Le Président Ali Bongo et son épouse Sylvia Bongo assistent au défilé de la fête nationale à Libreville, le 17 août 2019 au Gabon (AFP).

« On ne peut pas attendre de Sylvia et Noureddin qu’ils retournent sous la garde de leurs tortionnaires à Libreville pour cet événement« , a déclaré dans un communiqué Pierre-Olivier Sur, l’un des avocats français de la famille actuellement en liberté provisoire à Londres. Ils sont entre autres poursuivis pour « détournement de fonds publics » et avaient tous deux été arrêtés le soir du coup d’Etat du 30 août 2023 dans le pays.

L'épouse franco-gabonaise de l'ex-Président du Gabon Ali Bongo Ondimba, Sylvia Bongo Ondimba Valentin (centre), au côté de celui qui était alors encore Président, à Libreville le 10 juillet 2023.
L’épouse franco-gabonaise de l’ex-Président du Gabon Ali Bongo Ondimba, Sylvia Bongo Ondimba Valentin (centre), au côté de celui qui était alors encore Président, à Libreville le 10 juillet 2023.

Me François Zimeray et Me Pierre-Olivier Sur affirment, dans leur communiqué, avoir « appris par la presse » le procès prévu à Libreville du 10 au 14 novembre selon la presse locale, et pour lequel « aucune convocation n’a été envoyée à leurs clients à leur adresse de Londres« . Ils dénoncent « un procès qui n’est pas seulement un +exutoire politique+ mais aussi un +spectacle populiste+, en violation des règles nationales et internationales les plus fondamentales« .

– « Recours » –

Ces avocats accusent également les procureurs gabonais « d’avoir tenté d’accélérer le procès » de leurs clients en novembre 2025, alors « qu’un recours » déposé en juillet 2025 par le camp Bongo « est en instance devant la Cour de cassation et qu’aucune décision n’a encore été rendue« . En juillet 2025, la famille Bongo avait fait circuler une vidéo montrant une juge gabonaise chargée de leur affaire admettre des « pressions » de « membres de la junte militaire » pour aboutir à « des poursuites pénales contre eux« .

La Famille Bongo (Dr-Rfi)
La Famille Bongo (DR-Rfi).

« Nous comprenons que les procureurs et les juges gabonais agissent sous une pression considérable et ressentent le besoin urgent d’apaiser le Président Oligui Nguema par un procès-spectacle rapide, sans se soucier de savoir s’il respecte les procédures prévues par la loi« , a davantage argumenté l’avocat Pierre-Olivier Sur.

Sylvia Bongo, 62 ans, et son fils Noureddin, 33 ans, avaient été arrêtés lors du putsch du 30 août 2023, puis détenus 20 mois au Gabon avant d’être autorisés à quitter le pays dans le cadre d’une liberté provisoire, après une facilitation de la diplomatie angolaise. Une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée en France en mai 2024 par Ali Bongo, Sylvia et Noureddin, qui possèdent tous trois la nationalité française.

L’ex-Président Ali Bongo a dénoncé sa « séquestration arbitraire » par le nouveau pouvoir tandis que son épouse et son fils affirment avoir été, durant leur détention, « violemment torturés à répétition par les militaires les plus proches du Président Oligui Nguema: fouettés, électrocutés, noyés, battus et bien pire« .

La famille Bongo – le père, Omar, pilier de la Françafrique de 1967 à 2009, puis le fils, Ali – a dirigé pendant 55 ans le Gabon, État d’Afrique centrale riche en pétrole, avec une élite accusée par ses opposants de « corruption massive et de mauvaise gouvernance« . Le général Oligui, devenu officiellement Président du pays mi-avril 2025, avait démenti fin mars toute forme de torture. Et a promis que Sylvia et Noureddin Bongo feraient l’objet d’un « procès équitable« .

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