Le Centre neuro-psychiatrique de Kamenge (CNPK) a une capacité de 130 malades. Il en accueille en ce moment dix de plus. Unique établissement du genre au Burundi, il est l’émanation d’une association à but non lucratif ayant pour membres le gouvernement burundais, l’Eglise catholique locale, les congrégations des frères de la Charité et l’ONG CARES Belgique. Sa gestion au quotidien est assurée par les frères de la Charité.
A en croire le directeur général du CNPK, frère Hippolyte Manirakiza, l’augmentation du nombre de patients a atteint une phase critique. Nourrir et encadrerles malades relève de plus en plus de la gageure.
Les frais d’hospitalisation, de traitement et les vivres ne sont pas, ici, à la charge des familles, comme c’est le cas dans d’autres établissements hospitaliers. Le ministère en charge de la Solidarité nationale tarde à apurer les factures des malades qui sont, généralement, sans le sou. Les impayés sont estimés à 631 millions de Fbu (autour de 426 352 dollars). Les perspectives d’avenir ne sont guère prometteuses, à en croire le directeur général du CNPK : « On ne peut pas continuer ainsi. Comment payer les médicaments ? Comment nourrir les malades et honorer une masse salariale qui s’élève, chaque mois, à 30 millions de Fbu (20 270 dollars) ? »
Les subventions publiques sont nettement insuffisantes : 162 millions de Fbu(109459 dollars américains)en 2012. Beaucoup des malades viennent au Centre quand leur affection est déjà à un stade avancé, ce qui rallonge leurdurée d’hospitalisation, dont la moyenne se situe autour de trente jours. On imagine l’impact sur les coûts !
Le Centre n’a pas d’unité de documentation et de recherches. Il manque par ailleurs de personnel spécialisé. Il n’emploie que six médecins généralistes, sept psychologues, deux assistants sociaux, deux encadreurs en ergothérapie et trente-trois infirmiers.
L’entretien et la réhabilitation des infrastructures posent aussi problème. Des infrastructures vieilles de plus de trente ans attendent d’être réhabilitées. Et on ne compte plus le nombre de vitres cassées et de matelas éventrés.



