Faune/Afrique: Haro sur la disparition des guépards devant l’indifférence des Africains

Afriquinfos 9 Vues
4 Min de Lecture

ABUJA (© 2017 Afriquinfos) – Moins de 7.100 guépards vivent en liberté dans le monde. Et plus de la moitié de ces fauves vit en Afrique, révèle une étude publiée dans les Comptes-rendus de l’Académie des sciences américaines et pilotée par la Société zoologique de Londres et la Société pour la conservation de la faune sauvage (WCS). Selon les auteurs, ces animaux  sont exposés, si rien n’est fait, à leur extermination totale.

 

 

«Les chiffres sont effrayants. Cette étude a le mérite de souligner l’ampleur des risques qui les menacent, largement méconnus du grand public (…) dans une ou deux générations, les populations en liberté pourraient avoir disparu, il faut faire un vrai travail d’éducation», alerte Laurie Marker qui travaille dans un centre de recherche en Namibie. Pour Rita Groenewald du centre De Wildt (Pretoria) qui accueille une centaine de ces félins dans de larges enclos qui ressemblent à de la savane, «les guépards sont les grands oubliés des espèces animales menacées».

En effet, ces animaux sont de plus en plus la cible des paysans qui dans le but de protéger leurs troupeaux de bétail, abattent les guépards. Plus grave, leurs petits sont vendus comme animaux domestiques dans des pays du Golfe. Aussi, les défenseurs de la faune relèvent-ils  que sous l’effet des actions anthropiques, l’habitat naturel des guépards se réduit considérablement. Conséquence, environ 100.000 de ces bêtes ont disparu en un siècle !

Lutte de longue haleine à continuer par mener

Même les dispositions prises pour sauver ces félins s’avèrent «inadaptées». D’abord, les guépards habitués aux longues distances ont du mal à s’adapter à «leur nouvelle vie de sédentaire». Ils sont protégés par des épais grillages métalliques dans les réserves. Alors que leur territoire est estimé à 3.000 km² de superficie. «Il existe des solutions, c’est un motif d’espoir (…) Nous développons des programmes qui permettent de survivre au milieu d’une présence humaine», rassure Laurie Marker. Comme solution envisagée, les chercheurs prévoient  une meilleure gestion du  pâturage des bétails afin de réduire l’extinction des guépards. Cela consiste à recourir aux chiens de berger. Car, selon un constat, les guépards ont peur  des chiens des bergers.

Les guépards vivent en Afrique, plus principalement  en Namibie, Angola, Zimbabwe, Afrique du Sud, Botswana ou Mozambique. Environ une cinquantaine de spécimens vivent en Iran. Selon l’étude, ils sont plus menacés au Zimbabwe, où leur nombre a baissé de 85%. Ces seize (16) dernières années, on y relève 170 spécimens. Devant cette inquiétude, les défenseurs des animaux sauvages ont appelé à déclarer les guépards sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), d’espèces menacées.

«Nos conclusions (…) sont que l’espèce est bien plus vulnérable à l’extinction que nous le pensions auparavant», indique  Dr Sarah Durant, qui a dirigé l’étude. Il a précisé que le recensement des guépards a été difficile à cause de leur «nature discrète».

Animal le plus faible des prédateurs à cause de sa vitesse (120 km/h), le guépard a besoin de grands espaces. Il n’aime pas  subir la concurrence d’autres félins comme les lions et les léopards. Environ 77% des guépards  vivent hors des zones protégées. Ce qui les rend  vulnérables à l’égard des braconniers et des actions anthropiques qui menacent leur habitat.

 

Anani GALLEY