Bujumbura (© 2025 Afriquinfos)- Nommé le 17 juillet dernier comme envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahel, le président burundais Évariste Ndayishimiye cumule déjà des résultats favorables de sa mission.
‘’Je me réjouis des discussions fructueuses que j’ai eu avec le Général Abdourahamane Tiani, Président du Niger, en ma qualité d’Envoyé Spécial du Président de l’Union Africaine, traduisant à suffisance la volonté partagée de contribuer à l’édifice d’un Sahel paisible et prospère.’’, a affirmé le dirigeant à l’issue d’une visite au Niger.
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a également rencontré son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye en marge de son récent séjour à Yokohama. Les deux dirigeants ont échangé sur des questions d’intérêt commun aux niveaux bilatéral et régional, particulièrement sur la paix et la sécurité en Afrique.
Depuis son accession au pouvoir en mars 2024, le président Faye déploie une diplomatie du bon voisinage. Dans le contexte des tensions entre certains pays sahéliens et la Cédéao, qu’ils ont quittée en janvier 2024, accusant l’institution régionale d’être instrumentalisée par la France, il a entrepris une tournée des capitales régionales, se rendant notamment au Mali et au Burkina Faso avec un message fédérateur.
Ces efforts lui ont valu d’être chargé en juillet 2024 par l’Organisation régionale de dialoguer avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) pour les inciter à revenir sur leur décision. Malgré le départ définitif de l’AES de la Cédéao en janvier 2025, les deux blocs ont manifesté leur volonté de maintenir des relations amicales.
L’Union africaine a parallèlement nommé Évariste Ndayishimiye Envoyé spécial pour le Sahel, dans le cadre de la médiation angolaise visant à renouer le dialogue avec l’AES. Selon l’UA, le mandat de M. Ndayishimiye consiste à intensifier les contacts avec les autorités de transition, les acteurs régionaux, la société civile et les partenaires internationaux pour favoriser le dialogue, construire un consensus et promouvoir des stratégies globales vers une paix durable.
Cette rencontre à Yokohama illustre la convergence des initiatives diplomatiques sénégalaise et burundaise pour renforcer la stabilité et la coopération africaines, particulièrement au Sahel où les défis sécuritaires nécessitent une mobilisation collective du continent.
Très impliqué dans les organisations régionales et continentales, Évariste Ndayishimiye a pour mission de renforcer le dialogue avec les gouvernements et à œuvrer au rétablissement de la paix au Sahel, où trois pays – le Niger, le Mali et le Burkina Faso – sont suspendus de l’organisation en raison de changements anticonstitutionnels de gouvernement sur fond de menaces djihadistes.
Il est actuellement le président du Comesa, défenseur de la jeunesse au sein de l’Union africaine, et le premier vice-président de l’organisation.
Par conséquent, il prendra automatiquement la tête de l’Union africaine en février de l’année prochaine, a informé une source diplomatique.
« C’est l’une des raisons pour lesquelles le président angolais l’a nommé« , explique une source diplomatique africaine. « Il aura plus de liberté pour mener à bien sa mission« , ajoute cette source.
João Lourenço a choisi Évariste Ndayishimiye, avec lequel il partage de réelles affinités, notamment parce qu’il s’agit d’une figure militaire.
« Il pourra parler d’égal à égal avec les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel« , souligne une autre source diplomatique.
V.A.



